VIDÉO. Nîmes : Un homme jugé ce mercredi pour avoir traîné un chien attaché à sa voiture

JUSTICE L'animal avait disparu du jardin de son propriétaire, le 29 décembre dernier, dans un village du Gard...

Nicolas Bonzom

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Le chien Rocky, traîné par une voiture le 29 décembre.
Le chien Rocky, traîné par une voiture le 29 décembre. — D.R.
  • Un homme est jugé ce mercredi pour avoir traîné un chien avec sa voiture.
  • L'animal avait disparu du jardin de son propriétaire, le 29 décembre.
  • Le chien s'en est sorti, mais avec de très nombreuses blessures.

Il y a une semaine, des images difficilement soutenables avaient choqué les réseaux sociaux : un american staffordshire était traîné par un scooter, dans la région parisienne. L’animal s’en est sorti avec de nombreuses blessures. Des interpellations ont eu lieu.

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Ce mercredi après-midi, à Nîmes, c’est une autre affaire, similaire, de maltraitance sur un chien, qui est jugée au tribunal correctionnel. Le 29 décembre dernier, le chien d’Eric de Souza, un habitant de Saint-Etienne des Sorts, un village d’environ 500 habitants, au bord du Rhône, disparaît soudainement. L’homme ne trouve plus Rocky dans son jardin.

Le chien gisait sur les hauts du village

Un chasseur d’une cinquantaine d’années, qui habite non loin de la maison du plaignant, l’alerte : il a retrouvé le toutou, gisant au bord d’une route. Stupeur, lorsque des témoins affirment que le quinquagénaire ne serait autre que le tortionnaire présumé de l’animal.

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« Il n’a rien trouvé que plus intelligent que de l’attacher avec une laisse à son pick-up et à le traîner », sur plusieurs centaines de mètres, indique l’avocate d’Eric de Souza, Isabelle Terrin. Au moins 600 mètres, voire plus. « Puis il a laissé le chien grièvement blessé, sur le bas-côté. Mon client et le prévenu n’habitaient pas très loin l’un de l’autre, mais ils ne se connaissaient pas », note l’avocate au barreau de Marseille, qui a décidé de se consacrer à la cause animale. L’homme est interpellé, et placé sous contrôle judiciaire.

« J’ai un peu la haine »

« On se demande tous pourquoi il a fait ça. L’expertise psychiatrique n’a rien décelé. C’est une personne qui n’a pas de casier judiciaire. » De son côté, le propriétaire du chien est encore « choqué ». « J’ai un peu la haine. La haine, car il est venu me dire qu’il avait trouvé mon chien, je l’ai remercié, il m’a même emmené sur les lieux. »

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Rocky, de son côté, lui qui aimait tant courir et s’amuser, va un peu mieux. Mais il n’est pas tiré d’affaire. Ses nombreuses blessures au poitrail, aux coussinets et à la cuisse lui laisseront, peut-être, des séquelles. « J’étais chez le vétérinaire [mardi après-midi], reprend Eric de Souza. Il a une grosse tumeur à la cuisse. Nous allons faire des lasers pour ses tendons, ce n’est pas encore fini. Si cela ne marche pas, il va falloir l’opérer. »

« La justice a pris ce dossier très au sérieux »

Le procès s’attachera notamment à comprendre comment cet homme a pu commettre un tel geste, et dans quelles circonstances. « Ce que j’attends du procès, c’est d’entendre le mot « prison » dans le délibéré, reprend l’avocate du propriétaire. Mais je ne m’attends pas à ce qu’il quitte le tribunal en fourgon. Prison avec sursis, prison aménageable… Je voudrais que les gens comprennent que lorsqu’on fait du mal à un animal, on peut aujourd’hui prendre la direction de la prison. Je tiens à souligner que la justice a pris ce dossier très au sérieux, et en matière de maltraitance animale, ce n’est pas si fréquent. »

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La fondation 30 Millions d’Amis s’est constituée partie civile sur cette affaire, et sera présente à l’audience. « En 2015, nous avons obtenu que l’animal soit reconnu comme un être vivant et sensible. Il est grand temps que certains en prennent la mesure. On ne peut impunément faire souffrir un animal de la sorte, souligne Reha Hutin, la présidente de la fondation. Les sanctions prévues par la loi doivent être appliquées avec sévérité. »

20 Minutes n'a pas pu joindre ce mercredi l'avocat du prévenu.