Affaire Fiona: Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf se pourvoient en cassation

JUSTICE La mère de la petite Fiona et son ex-compagnon ont été condamnés dimanche à vingt ans de réclusion...

20 Minutes avec AFP

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Procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf au Puy-en-Velay. Illustration

Procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf au Puy-en-Velay. Illustration — AFP

  • Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf se pourvoient en cassation.
  • La mère de la petite Fiona et son ex-compagnon ont été condamnés dimanche à vingt ans de réclusion.
  • La première estime être victime d’un jugement impartial tandis que le second parle d’une condamnation « injustifiée ».

La mère de la petite Fiona et son ex-compagnon, condamnés dimanche en appel à 20 ans de réclusion par la cour d’assises de la Haute-Loire, ont chacun formé un pourvoi en cassation, a-t-on appris mardi auprès de leurs avocats.

Renaud Portejoie, l’un des défenseurs de Cécile Bourgeon, a précisé que le pourvoi de sa cliente suivait « quatre axes » : « les conditions mêmes du procès », « l’impartialité » du président de la cour d’assises, « la motivation » de l’arrêt, ainsi que « des irrégularités procédurales ».

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Un apéritif vient semer le trouble

Lundi 5 février, tandis que débutait la deuxième semaine de débats, les avocats de la mère de Fiona avaient réclamé – en vain – un nouveau renvoi du procès autour d’une curieuse histoire d’apéritif pris par le président de la cour, Étienne Fradin, avec certains conseils dans un hôtel du Puy-en-Velay.

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« L’impartialité, c’est aussi l’image que l’on renvoie. Certains diront que c’est une erreur et c’est ce qu’on veut croire. On ne veut pas croire à de la malice », a déclaré l’avocat, estimant que la condamnation de sa cliente est également le résultat d’un « raisonnement par amalgame ». « La cour admet qu’elle ne connaît pas les circonstances du décès de Fiona et parce qu’on ne sait pas, on imagine le pire », a-t-il poursuivi.

« Condamnation injustifiée »

Berkane Makhlouf a également formé un pourvoi en cassation, considérant que sa condamnation en appel est « injustifiée », selon l’un de ses avocats, Marcel Schott.

« Depuis toujours Berkane Makhlouf reconnaît que, s’il a pu être un mauvais beau-père, il n’est pas responsable des coups ayant causé la mort de Fiona », dont le corps n’a jamais été retrouvé depuis sa disparition en mai 2013, a-t-il dit, en ajoutant qu’il comptait également soulever des problèmes de procédure.

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Un des avocats du père de Fiona, Nicolas Chafoulais, Me Jean-François Canis, a dit « attendre de voir les moyens soulevés » devant la Cour de cassation, notamment par les conseils de Cécile Bourgeon qui n’ont consigné aucun incident auprès de la cour d’assises. « La Cour de cassation verra qu’il n’y a rien dans les PV des débats. Donc, comment prouver [leurs dires] ? » s’est-il interrogé.

Jean-François Canis envisageait également avec son confrère Me Charles Fribourg de saisir le bâtonnier pour demander l’ouverture d’une enquête déontologique concernant les avocats de la mère de la fillette.

Vers un quatrième procès ?

Si la Cour de cassation faisait droit aux demandes de Cécile Bourgeon et de son ex-compagnon, un quatrième procès devra être tenu dans cette affaire. Le premier procès en appel avait avorté en octobre à la suite d’une querelle entre avocats.

En appel, les deux anciens partenaires ont écopé de la même peine de vingt ans de réclusion, tandis qu’en première instance en 2016, la cour d’assises du Puy-de-Dôme avait acquitté la mère pour les faits criminels – les violences ayant entraîné la mort de Fiona –, la condamnant uniquement à cinq ans de prison pour avoir fait croire à un enlèvement de l’enfant. Berkane Makhlouf avait, lui, déjà écopé de vingt ans de réclusion.