Nîmes: Un médecin mis en examen pour des injections illégales pour traiter l'obésité

JUSTICE L'homme de 54 ans, qui a pignon sur rue, officiait au sein d'un établissement de santé de la ville...

Nicolas Bonzom
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Illustration d'un médecin.
Illustration d'un médecin. — POUZET/SIPA

C’est une enquête minutieuse de plusieurs mois qui a emmené les policiers de Nîmes, mardi, à interpeller un médecin, qui a « pignon sur rue », apprend-on, soupçonné d’avoir appliqué un protocole non reconnu à des personnes souffrant d’obésité.

Ce gastro-entérologue nîmois a été placé en garde à vue et mis en examen pour des faits d’escroquerie, de tromperie présentant un danger médical, d’exercice de recherches médicales non autorisées et de blessures involontaires.

De l’acide hyaluronique

Les faits qui lui sont reprochés auraient eu lieu entre 2011 et 2015. Ce médecin, qui officiait au sein d’un établissement de santé, est accusé d’avoir effectué des actes jugés illégaux sur des patients obèses qui souhaitaient perdre du poids : il aurait injecté à ces personnes de l'acide hyaluronique, un produit utilisé notamment pour des actes de chirurgie esthétique, ou des interventions sur le genou. Pas pour ce type de pathologie.

« Ce n’est pas autorisé en France, explique Emmanuel Dumas, chef de la sûreté départementale du Gard. Des expérimentations ont été menées de 2010 à 2012, mais la pratique a été arrêtée, car jugée inefficace, avec des risques de complications, des ulcères notamment. » Le produit, censé stopper la faim, ne serait pas si utile que ça, et même peut-être dangereux. Pour l’instant, les enquêteurs ont listé 515 victimes. « Mais il y en a peut-être plus, reprend Emmanuel Dumas. Un appel a été lancé. »

L’enquête, menée par la brigade financière du Gard, a permis d’identifier que ses actes rapportaient beaucoup, beaucoup d’argent. Selon les policiers, il y aurait près de 600.000 euros de préjudice. « Ces actes étaient présentés comme des actes d’endoscopie, ce médecin les faisait passer auprès de la CPAM, puis il faisait payer le produit aux patients, puis des frais de dépassement d’honoraires. » Les investigations devront également tenter de comprendre comment ce médecin se serait procuré ses produits.