Double meurtre de Lingolsheim: Peine de 30 ans requise contre l'accusé avec une période de sûreté de 20 ans.
Double meurtre de Lingolsheim: Peine de 30 ans requise contre l'accusé avec une période de sûreté de 20 ans. — A. Ighirri / 20 Minutes

PROCES

Double meurtre de Lingolsheim: Trente ans de réclusion criminelle requis contre l'accusé

Jeudi, l'avocate générale a requis 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Mohamed El Amri, jugé pour un double meurtre de sa compagne et leur bébé, ainsi que deux tentatives d'homicide...

  • Jeudi matin, l'avocate générale a requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Mohamed El Amri, avec une période de sûreté de 20 ans et injonction de soins.
  • L'homme de 34 ans est jugé depuis lundi par la cour d'assises du Bas-Rhin, à Strasbourg, pour le double meurtre et double tentative d'homicide à Lingolsheim en février 2015.

Il y avait peu de doutes. Jeudi, l’avocate générale Valérie Iltis a requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 20 ans à l’encontre de Mohamed El Amri, jugé depuis lundi par la cour d'assises du Bas-Rhin à Strasbourg. Accompagné d’un suivi sociojudiciaire d’une durée indéterminée avec injonction de soins.

L’homme de 34 ans est accusé du meurtre de sa compagne, Johanna Barth, de leur bébé de deux mois, mais aussi d’une tentative d’homicide sur son beau-fils de 14 ans et un policier.

Valérie Iltis insiste sur le fait que Mohamed El Amri « avait bien l’intention de tuer », qu’il « s’est acharné sur les victimes ». L’avocate générale demande aux jurés de « distinguer la pathologie et le discernement. Tous les experts disent qu’il souffre de schizophrénie. Il n’y a pas de doute là-dessus. Mais il nous a aussi été dit que tous les schizophrènes ne sont pas des meurtriers. Le moteur du passage à l’acte n’est pas exclusivement la pathologie ».

« Il a fait des choix. Celui des victimes. Celui de se cloîtrer dans le salon. Il a pris le soin de mettre ses vêtements souillés de sang dans la machine à laver. Ce sont des actes fous qui ont été perpétrés par un individu malade mais responsable. L’altération du discernement est la seule circonstance atténuante. »

>> A lire aussi: Présenté comme «malade» ou «manipulateur», l'accusé reste, lui, silencieux

Les faits remontent au 13 février 2015 et se sont déroulés à Lingolsheim, au sud de Strasbourg. L’aîné des quatre enfants de ce foyer recomposé, né d’une première union de Johanna Barth, s’était réfugié chez des voisins, blessé par les coups de son beau-père qui avait par ailleurs tenté de l’étrangler.

Les policiers interviennent alors dans l’appartement de la mère. Ils y retrouvent les corps de la jeune femme et du bébé de deux mois, tués par plusieurs coups de couteau. Lors de l’intervention, pour neutraliser le trentenaire caché dans le salon, un policier a été blessé au visage, un couteau lui restant planté entre le nez et l’œil.

>> A lire aussi: L'accusé «savait ce qu'il faisait» selon les policiers qui parlent d'une embuscade

L’état psychiatrique de l’accusé, présenté comme schizophrène, a fait débat: est-il conscient de ses actes ? Y avait-il altération ou abolition du discernement ? Les experts psychiatres n’étaient pas d’accord.

« Nous nous sommes trompés d’adresse »

Admettant que son client « a été incapable de fournir des éléments de défense, malgré les efforts déployés depuis plusieurs années pour tenter de dialoguer », l’avocat de la défense martèle que Mohamed El Amri est malade et que sa place est dans un hôpital psychiatrique.

« Nous sommes dans le doute, et je rappelle que celui-ci doit profiter à l’accusé »

Mais avant de commencer sa plaidoirie, Me Gsell s’est tourné pour s’adresser aux membres de la famille des victimes puis aux policiers, constitués parties civiles. « Je compatis à votre douleur. Malgré ma tâche difficile, et sans entrer dans les détails, je peux comprendre votre réaction et cotre sentiment, étant moi-même père et grand-père d’un enfant de deux mois et demi ».

Et de poursuivre en direction des jurés de la cour d’assises : « Je comprends les réquisitions. Je vous demande d’essayer de prendre un minimum de recul. Même si ce n’est pas évident. Je vous demande de bien vouloir déclarer la cour incompétente de traiter le cas de Mohamed El Amri. Nous sommes au Palais de justice de Strasbourg : dans cette affaire, nous nous sommes trompés d’adresse ».

Invité à se prononcer, une ultime fois, Mohamed El Amri gardera encore le silence, faisant « non » de la tête.

Verdict attendu dans la journée.