Affaire Fiona: «Moi, jamais, jamais de ma vie, je n'ai frappé mes enfants», affirme Cécile Bourgeon

ASSISES « Personne ne m’a jamais vue frapper Fiona », s’est notamment défendue la mère de famille, qui avait écopé de cinq ans de réclusion lors du premier procès en 2016…

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration du procès Fiona.
Image d'illustration du procès Fiona. — Thierry Zoccolan / AFP

Ils persistent et signent. Après un premier procès en appel avorté, la mère de Fiona et son ex-compagnon, rejugés par la cour d’assises de Haute-Loire pour la mort de la fillette en 2013, ont une nouvelle fois clamé leur innocence ce lundi.

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« Moi, jamais, jamais de ma vie, je n’ai frappé mes enfants », a lancé Cécile Bourgeon d’un ton péremptoire, visiblement prête à en découdre lors des deux semaines d’audience. « J’étais suivie par la PMI (service de protection maternelle et infantile), les assistantes sociales. On me félicitait à chaque fois de leur bonne éducation car elles étaient admirables, polies. Personne ne m’a jamais vue frapper Fiona », a poursuivi la jeune femme de 30 ans, mère de deux autres enfants.

« J’ai été anéanti par la peine que j’ai reçue »

Berkane Makhlouf, 36 ans, n’accepte pas non plus le verdict rendu en première instance par la cour d’assises du Puy-de-Dôme. Elle l’avait condamné à 20 ans de réclusion contre cinq ans de prison pour la mère, reconnue coupable d’avoir fait croire à un enlèvement de la fillette mais acquittée des faits criminels.

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« J’ai été anéanti par la peine que j’ai reçue. Cécile avait reconnu que je n’avais pas porté de coups à Fiona, ils m’ont condamné quand même », a déploré l’accusé, emmitouflé dans un épais pull gris et tendu.

Makhlouf assure avoir « tenté de réanimer » Fiona

« Fiona, je serais incapable de lui faire du mal. J’aime (mes enfants). J’espère que ce procès va bien se dérouler et que je ne vais pas subir d’injustice (…) Ce n’est pas parce que (Cécile Bourgeon) a parlé la première qu’elle a raison », a ajouté cet homme au visage glabre. Interrompant de manière intempestive le président de la cour, Etienne Fradin, il a assuré notamment avoir « tenté de réanimer » la fillette.

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Le premier procès, en 2016 à Riom, n’avait pas permis de faire la lumière sur la mort de Fiona, que les accusés disent avoir enterrée dans la nuit du 12 au 13 mai 2013 dans une forêt des alentours de Clermont-Ferrand mais dont le corps n’a jamais été retrouvé. Les deux anciens toxicomanes s’étaient rejeté la faute ou avaient avancé l’hypothèse d’un accident.

« Comment voulez-vous que les lignes bougent ? »

En octobre dernier lors d’une première audience d’appel, les débats n’avaient pas plus avancé. Ce lundi, la stratégie de défense des accusés n’a pas varié d’un iota. « Elle a toujours dit : "je n’ai jamais levé la main sur mes filles". Comment voulez-vous que les lignes bougent ? Je pense que les lignes seront figées », a estimé devant la presse l’un des avocats de Cécile Bourgeon, Maître Gilles-Jean Portejoie.

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Mais les parties civiles espèrent bien faire bouger les lignes. Me Marie Grimaud, avocate de l’association « Innocence en danger », a fait citer trois nouveaux témoins. « Il y a des détails qui n’ont jamais été abordés. J’estime que j’ai une ligne assez nouvelle. Peut-être qu’il y aura un autre procès. Cela va dépendre de cette vérité qui va émerger. On le saura au bout d’une semaine », a-t-elle expliqué avant l’audience.