VIDEO. Affaire Théo: Les images de vidéosurveillance éclairent sur les conditions de son interpellation

ENQUETE Un an après l'affaire Théo, les images des caméras de vidéosurveillance, publiées par Europe 1, éclaire sur les conditions d'interpellation du jeune Aulnaysien...

C.Po.
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Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. François Hollande s'est rendu au chevet de Théo, blessé lors de son interpellation le 4 février.
Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. François Hollande s'est rendu au chevet de Théo, blessé lors de son interpellation le 4 février. — Arnaud Journois / LE PARISIEN / AFP

Une scène d’une extrême confusion, un geste furtif – quelques secondes à peine – et aussitôt, la victime qui s’effondre. Presque un an jour pour jour après l’affaire Théo, du nom de ce jeune Aulnaysien grièvement blessé lors d’un contrôle de police, les images de vidéosurveillance, dévoilées ce lundi par Europe 1, éclairent sur le déroulé du drame.

Il est 16h45 ce 2 février 2017 lorsque quatre policiers de la brigade spécialisée de terrain (BST) décident de procéder à un contrôle d’identité. Celui-ci a lieu dans un angle mort, non couvert par les caméras, mais il apparaît sur les images que moins d’une minute plus tard il dégénère. Théo se débat vigoureusement, plusieurs coups lui sont portés, son visage est aspergé par ce qui ressemble à du gaz lacrymogène. Le jeune homme est alors ceinturé mais refuse de se laisser menotter.

Le coup de matraque a perforé le caleçon de la victime

Si les images ne sont pas extrêmement nettes, on voit un des fonctionnaires asséner un coup extrêmement vif au niveau du fessier du jeune homme avec ce qui pourrait être une matraque télescopique. Aussitôt, Théo se retourne et s’effondre. Le jeune homme, qui souffre d’une déchirure anale d’une dizaine de centimètres s’est vu prescrire 60 jours d’ITT et une expertise est toujours en cours pour évaluer les séquelles.

Sur les images de vidéosurveillance, il apparaît également, que son bas de jogging, lâche, lui tombe sous les fesses mais n’a pas été volontairement abaissé par le policier. Le coup de matraque a perforé son caleçon, toujours en place. Dans un premier temps, le jeune homme avait affirmé que les policiers avaient volontairement baissé son pantalon avant de revenir sur ce point devant le juge d’instruction. En revanche, il maintient dans ses interviews, comme devant le juge, que le coup était volontaire.

Deux nouvelles expertises attendues

Si dans son rapport, la police des polices a établi que « l’élément intentionnel pouvant caractériser le viol » n’était pas établi, l’information judiciaire se poursuit. Selon une source proche de l’enquête, une confrontation entre le jeune homme et le policier mis en examen pour viol devrait bientôt être organisée. Les trois autres policiers, mis en examen pour violences volontaires aggravées ont, quant à eux, été réintégrés.

Deux nouvelles expertises, l’une concernant les séquelles et l’autre sur l’intervention policière en tant que telle, sont attendues. Cette dernière expertise a notamment pour but d’évaluer compatibilité des blessures du jeune homme avec les déclarations des uns et des autres, en s’appuyant notamment sur la trajectoire ou la vitesse du coup.