Procès de Jawad Bendaoud: «Je veux qu’il me regarde dans les yeux!», martèle une victime en fauteuil roulant

TERRORISME Le procès du « logeur de Daesh » s’est ouvert, mercredi, au tribunal correctionnel de Paris…

Vincent Vantighem

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Jawad Bendaoud, le logeur des terroristes du 13 novembre, en procès ce mercredi — 20Minutes
  • Jawad Bendaoud est jugé pour recel de malfaiteurs.
  • Il est accusé d’avoir hébergé deux terroristes du 13-Novembre.
  • Au moins 500 victimes veulent se constituer partie civile.
  • Deux autres prévenus sont jugés avec lui jusqu’au 14 février.

Qu’il y ait des robes noires d’avocat dans une salle d’audience est logique. Qu’il n’y ait que des robes noires d’avocat dans une salle d’audience est impressionnant. Ils étaient près de 80 à occuper, mercredi, tous les rangs de la 16e chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour représenter les parties civiles au procès de Jawad Bendaoud et de deux autres prévenus.

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Ce n’est pas que la 16e chambre est trop petite. C’est surtout que les attentats du 13-Novembre ont fait trop de victimes. Au moins 500 d’entre elles souhaitent réclamer des comptes au « logeur de Daesh ». Elles ont donc été obligées de se déporter dans la salle des pas perdus pour suivre l’audience à travers un écran de retransmission spécialement installé, elles ont donc laissé leurs conseils les représenter à l’audience.

 

La risée d’Internet a pris du poids

Cloué sur un fauteuil roulant depuis les explosions au stade de France, Bilal Mokono est la seule victime à avoir pu entrer dans le prétoire. Comment lui en refuser l’accès quand il justifie sa présence ainsi : « Je veux que [Jawad Bendaoud] me regarde dans les yeux, qu’il assume. On veut qu’il sache dans quelle difficulté il nous a mis. J’espère des excuses, c’est la moindre des choses. »

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Elles ne sont pas venues au premier jour de ce procès qui doit durer trois semaines. Risée d’Internet depuis l’interview qu’il a donnée à BFM le jour de l’assaut à Saint-Denis, le prévenu s’est contenté d’enlever sa veste laissant apparaître un ventre bien rebondi et de décliner son identité, « Bendaoud Jawad », d’une voix forte quand Isabelle Prévost-Desprez la lui a demandée.

La présidente du tribunal a ensuite détaillé, minute par minute, et avec une précision implacable, les raisons pour lesquelles il comparaît. « Le 13 novembre 2015, en soirée, dix terroristes, arrivés la veille de Belgique, ont perpétré une série d’attentats à Paris et à Saint-Denis faisant 130 morts… », a-t-elle attaqué.

Un « terroriste » ou un diable qui « fume du shit »

Âgé de 31 ans aujourd’hui, Jawad Bendaoud risque six ans de prison pour en avoir hébergé deux, dans un squat de Saint-Denis, lors de leur cavale. Dès l’ouverture de l’audience, l’avocat Georges Holleaux a réclamé que les faits soient requalifiés. Débat technique, il s’agit de savoir si Jawad Bendaoud est « un homme » qui savait qu’il hébergeait des terroristes ou « un terroriste », lui-même, qui savait qu’il hébergeait des complices. Auquel cas, il risquerait alors 12 ans de prison.

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La question sera tranchée à la fin du procès. Mais le Parquet a, lui, déjà donné sa position en indiquant qu’à ses yeux, « M. Bendaoud n’est pas un terroriste ». Comme la présidente l’a rappelé, ce père de deux enfants s’est toujours défendu, lors de l’instruction, de toute idéologie djihadiste en avançant qu’il « fumait du shit » et « avait des posters de cul » aux murs de sa cellule de prison. Même que, pour cette raison, on le surnommait « 666 », en référence au diable. Un diable qui devrait commencer à rendre des comptes jeudi, quand son interrogatoire doit débuter.

Suivez la suite du procès sur le compte Twitter de notre journaliste :  @vvantighem