Toulouse: Reconstitution du parcours mortifère de la «démembreuse» du Canal du Midi

JUSTICE Plus d’un an et demi après le meurtre de Maryline Planche par Sophie Masala, sa collègue de travail, une reconstitution a lieu ce jeudi à Toulouse pour comprendre comment la meurtrière présumée a pu aller jusqu’au démembrement de sa victime…

Beatrice Colin

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Le 23 janvier, lors de la reconstitution du meurtre du meurtre de Marilyne Planche, tuée et démembrée par sa collègue de travail, Sophie Masala.

Le 23 janvier, lors de la reconstitution du meurtre du meurtre de Marilyne Planche, tuée et démembrée par sa collègue de travail, Sophie Masala. — B. Colin / 20 Minutes

  • Sophie Masala, qui entretenait des relations exécrables avec sa collègue de boulot, s’est rendue chez elle le 12 mai 2016 et lui a porté un coup fatal sur la tête.
  • La meurtrière présumée a attendu quatre jours avant de démembrer sa victime et de disperser les parties de sa dépouille dans le Canal du Midi et d’enterrer sa tête dans le jardin de sa résidence.
  • Sophie Masala, qui a livré plusieurs versions aux enquêteurs sur les circonstances exactes de son crime, a toujours nié avoir eu l’intention de tuer sa collègue.

Le 24 mai 2016, un passant découvre avec horreur une jambe flottant dans le Canal du Midi, à Toulouse. Le lendemain, à quelques mètres de là, c’est un bras qui est retrouvé en sac plastique, au niveau du Pont-des-Demoiselles, puis deux jours plus tard un autre membre ainsi que le tronc d’une femme cachée dans une valise.

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Un puzzle macabre qui aboutira le 27 mai à l’interpellation de Sophie Masala pour le meurtre de sa collègue de travail à l’Agefiph, Maryline Planche, avec qui elle entretenait des relations exécrables. Après son arrestation, la suspecte a conduit les enquêteurs jusqu’à la tête de sa victime, qu’elle avait pris soin d’enterrer dans le jardin de sa résidence, dans le quartier Guilhemery.

Tout a débuté au domicile de la victime, dans son appartement de la rue Maurice-Fonvieille, à Toulouse. C’est là qu’était organisée mardi matin la reconstitution judiciaire en présence des deux juges d’instruction en charge du dossier, des avocats et de la principale intéressée.

Scénario macabre

Cette dernière a expliqué aux enquêteurs sa version des faits : celle d’une dispute entre collègues qui a dégénéré, Sophie Masala donnant un coup fatal sur la tête à Maryline Planche à l’aide d’une bouteille de vin.

S’en est suivi un scénario macabre, dont les versions ont changé à plusieurs reprises. Après avoir laissé sa collègue gisant dans son appartement, Sophia Masala est revenu quelques heures plus tard, et lui a tailladé les veines pour faire croire à un suicide. En partant ce jour-là, celle décrite comme une affabulatrice a quand même pris soin d’embarquer la carte bancaire et le téléphone de sa victime. Elle s’en servira pour envoyer des textos rassurants aux proches de Maryline Planche.

Ce n’est que quatre jours après son crime qu’elle est revenue sur place pour dépecer avec une scie à métaux et des couteaux de cuisine la dépouille avant d’aller éparpiller les membres dans le Canal du Midi.

Un trousseau de clés volé

« Elle a toujours expliqué que tout était parti d’une dispute qui a mal tourné et qu’elle n’avait pas l’intention de la tuer, on n’assassine pas des gens à coups de bouteille. Elle a ensuite été débordée par les événements. Elle a voulu un temps se dénoncer, mais pour sa famille elle a renoncé et elle a voulu maquiller ce qu’elle avait fait », explique son avocat, Pierre Dunac.

Le point de départ serait des dossiers professionnels ramenés par la victime à son domicile, que Sophie Masala aurait souhaité récupérer.

Mais du côté des défenseurs de la famille de Maryline Planche, on a une tout autre lecture des événements. En particulier à cause d’un trousseau de clés, que la victime avait perdu quelque temps auparavant et que Sophie Masala avait en sa possession. « Elle l’a dérobé pour pouvoir pénétrer dans l’immeuble. Elle s’est invitée dans un appartement dans lequel elle n’était pas invitée. Elle a surpris la victime alors que celle-ci rentrait chez elle », avance Laurent Boguet, l'avocat des proches de Maryline Planche​.

Pour ce dernier, cela constitue « une préméditation » de la meurtrière qui fait « preuve d’une froideur très inquiétante ».

Le procès devrait avoir lieu en 2019.