Procès de «la veuve noire de la Côte d'Azur»: L'accusée trouve des réponses à tout (et ajoute parfois des contradictions)

ASSISES Patricia Dagorn a été longuement interrogée mercredi, avant les réquisitions du parquet ce jeudi matin…

Fabien Binacchi

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Le verdict est attendu avant ce jeudi soir
Le verdict est attendu avant ce jeudi soir — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Le procès de Patricia Dagorn, accusée d’assassinat ou d’administration de substances nuisibles à quatre hommes, dont deux sont morts, s’est ouvert lundi à Nice.
  • Cette femme de 57 ans a été longuement interrogée mercredi.
  • Elle nie toutes les accusations et justifie tout, parfois jusqu’à certaines contradictions.

Elle s’explique à chacune des questions et trouve des réponses à tout pour nier les accusations. Parfois jusqu’à la contradiction. Interrogée longuement mercredi, au troisième jour de son procès médiatique devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes, Patricia Dagorn ne s’est pas démontée.

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La femme de 57 ans, surnommée par la presse « la veuve noire de la Côte d’Azur », est accusée d’avoir empoisonné plusieurs retraités.

Des contradictions relevées entre les déclarations

Elle a dû notamment s’expliquer sur le décès de Michel Knefel. Ce marginal qu’elle fréquentait et dont elle détenait un testament en sa faveur, était retrouvé mort dans une chambre d’hôtel de Nice en juillet 2011, avec des traces de benzodiazépines (anxiolytiques) dans le sang.

Patricia Dagorn, le 15 janvier 2018 à Nice
Patricia Dagorn, le 15 janvier 2018 à Nice - V. Hache / AFP

« Je n’en avais pas sur moi », assure l’accusée depuis le box. « Pourtant, à l’époque, vous disiez que vous pensiez qu’il vous avait pris "un flacon de Valium" dans vos affaires », rebondit l’avocate générale Annie Brunet-Fuster.

« Encore une affirmation sortie comme un lapin du chapeau »

« C’était en fait du Subutex que j’avais acheté à la sauvette », répond Patricia Dagorn. « Encore une affirmation sortie comme un lapin du chapeau », tance la représentante du parquet.

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Sur les adhésifs, la cordelette et l’acétone retrouvés parmi ses affaires dans cette même chambre d’hôtel, l’accusée rétorque encore, à l’aise : « C’était pour emballer des colis de Noël pour mes enfants et pour enlever les étiquettes sur les cadeaux ».

Il « ne prenait jamais de bain » mais « achetait des savonnettes »

La cour l’a également interrogée sur Francesco Filipone, qu’elle rencontrait mi-janvier 2011 et qui était retrouvé mort en février de cette même année, dans sa baignoire.

Un détail qui avait intrigué les enquêteurs, renseignés par des proches selon qui l’ancien maçon de 85 ans « ne prenait jamais de bain ». Là aussi, Patricia Dagorn répondra : « Il m’avait entraînée dans une parfumerie pour acheter des savonnettes. »

« Tout cela paraît vraiment invraisemblable »

Et quid des accusations de sa codétenue à qui elle aurait demandé des alibis et de fausses ordonnances au nom des retraités ? « Elle faisait des pressions sur moi. Elle me disait qu’elle allait faire tuer mes enfants et me réclamait 10 millions d’euros », avance Patricia Dagorn.

« Vous vous rendez compte que tout cela paraît vraiment invraisemblable », ironise Annie Brunet-Fuster. L’avocate générale doit prendre ses réquisitions ce jeudi matin.