Grenoble: L'adolescent se suicide, un an de prison avec sursis contre sa belle-mère

JUSTICE L’infirmière était poursuivie pour ne pas avoir appelé le médecin alors que le garçon, qui venait d’absorber des médicaments, était pris de vomissements et diarrhées…

C.G. avec AFP

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Le palais de Justice de Grenoble, le 5 février 2016
Le palais de Justice de Grenoble, le 5 février 2016 — XAVIER VILA/SIPA
  • Relaxée en première instance, une infirmière iséroise vient d’être condamnée à un an de prison avec sursis pour « homicide involontaire ».
  • La justice lui reproche de ne pas avoir alerté les secours à la suite de la tentative de suicide du fils de son compagnon.
  • Elle avait suspecté une gastro lorsqu’elle a vu l’adolescent, pris de vomissements et de diarrhées.

La peine est conforme aux réquisitions de l'avocat général. Un an de prison avec sursis a été prononcé lundi à l’encontre de Karine G. Cette infirmière était jugée devant la cour d’appel de Grenoble pour « homicide involontaire ». La justice lui reproche d’avoir été négligente envers Julien, 15 ans, le fils de son compagnon.

En novembre 2013, l’adolescent avait tenté de mettre fin à ses jours en absorbant les médicaments de sa belle-mère, à savoir des comprimés contre la goutte. Le soir même, le garçon avait été pris de violents maux de ventre, de vomissements et de diarrhées. La belle-mère avait alors suspecté une gastro-entérite, sans appeler de médecin. Julien est décédé le lendemain.

« Notre persévérance a payé »

Depuis, sa mère et son grand-père, domiciliés dans la Loire, se sont battus pour comprendre pourquoi le père de l’adolescent et sa compagne n’ont pas alerté les secours plus tôt. Notamment après la découverte, le jour du drame, de boîtes de cachets vides dans la pharmacie de la maison.

« Notre persévérance a payé, c’est une vraie victoire », a déclaré mardi l’avocate de la mère, Me Elsa Ghanassia, qui avait réclamé un an plus tôt un supplément d’informations et une nouvelle expertise sur le taux d’intoxication de l’adolescent. Selon elle, la cour a reconnu que Karine G. avait fait preuve de « négligence ayant exposé à un risque d’une particulière gravité ».

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Trois ans plus tôt c’est-à-dire à la fin de l’année 2014, elle avait pourtant été relaxée en première instance. Tout comme le père de l’adolescent. Ce dernier a néanmoins été reconnu responsable civilement du suicide de son fils : il a été condamné à payer 40.000 euros de dommages et intérêts à la mère de Julien.