Rennes: Derrière les vitrines des jardineries se cachait un business fumeux florissant

JUSTICE Deux frères, gérants de quatre magasins dans l’Ouest, ont été condamnés à 12 mois de prison avec sursis chacun pour complicité de trafic de stupéfiants...

Jérôme Gicquel
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Illustration sur la culture du cannabis
Illustration sur la culture du cannabis — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • Deux gérants de jardineries ont été condamnés ce jeudi pour complicité d’infractions à la législation sur les stupéfiants.
  • Les clients venaient dans leurs magasins pour acheter du matériel afin de faire pousser du cannabis.
  • Un coup de filet avait été mené par les gendarmes le 26 septembre dans quatre boutiques dans l’Ouest.

Des lampes à sodium, de l’engrais, des chambres de culture et même des balances de précision. Sur le site de la chaîne Indoor Gardens, « spécialiste du matériel de jardinage hydroponique et biologique », on trouve vraiment de tout pour faire pousser des plantes en intérieur. Y compris du cannabis.

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Jugés début décembre devant le tribunal correctionnel de Rennes pour complicité de trafic de stupéfiants, deux frères, gérants de quatre magasins Indoor Gardens à Rennes, Carquefou, Le Mans et Fleury-sur-Orne, ont été condamnés ce jeudi à douze mois de prison avec sursis chacun. Leur société, la SAS Le jardin de Bel Ami, basée à Nantes, a également écopé d’une amende de 20.000 euros, dont 10.000 avec sursis. Une décision plus clémente que celle du parquet qui avait requis 18 mois de prison avec sursis, une amende de 100.000 euros, la confiscation de biens immobiliers et de comptes bancaires ainsi que l’interdiction de gérer une entreprise pendant cinq ans.

« Tout ce qu’ils vendaient était licite » selon leur avocate

Présents ce jeudi à l’annonce du délibéré, les deux frères, âgés d’une quarantaine d’années, ont été reconnus coupables par le tribunal de complicité de détention non autorisée de stupéfiants et de complicité d’offre ou de cession non autorisée de stupéfiants.

« Ils savaient bien que la majorité de leurs clients faisaient pousser du cannabis. Mais tout ce qu’ils vendaient était licite. Ils ont d’ailleurs été contrôlés plusieurs fois par les douanes et les services fiscaux et personne n’a rien trouvé à redire pendant des années », a réagi Maître Gwendoline Tenier, avocate de l’un des deux gérants.

Plus de 700.000 euros d’avoirs criminels saisis lors de l’enquête

Cette affaire avait démarré en mai 2016 à la suite de la multiplication de procédures relatives à la culture de cannabis. Plusieurs jardiniers en herbe avaient révélé aux enquêteurs avoir acheté le matériel nécessaire à leur culture au sein du magasin Indoor Gardens de Rennes et bénéficié de conseils pour le faire. Lors des perquisitions menées au domicile de ces clients, 143 pieds de cannabis, 30 kilos d’herbe, 18 chambres de culture, plusieurs véhicules et plus de 51.000 euros avaient été saisis.

L’enquête avait alors débouché sur l’interpellation le 26 septembre dernier des deux dirigeants de la société et de leurs vendeurs. Lors de l’opération menée conjointement dans les quatre magasins de l’Ouest, les gendarmes avaient mis la main sur des livres de formation ainsi que sur du matériel et des accessoires dédiés à la production et à la consommation de cannabis. Les investigations réalisées dans cette affaire avaient permis au total « d’appréhender 704.000 d’avoirs criminels », s’était félicité le parquet de Rennes dans un communiqué.