Sivens: Les juges rendent un non-lieu dans l'enquête sur la mort de Rémi Fraisse

JUSTICE Les juges d’instruction toulousains viennent de rendre une ordonnance de non-lieu dans l’enquête sur la mort de Rémi Fraisse. Le militant de 21 ans a succombé à un tir de grenade offensive sur le site du barrage de Sivens il y a trois ans…

H.M. avec AFP
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Sur le site du projet de barrage de Sivens, un hommage à Rémi Fraisse.
Sur le site du projet de barrage de Sivens, un hommage à Rémi Fraisse. — F. Scheiber / SIPA
  • L’instruction sur la mort de Rémi Fraisse vient de se clore par un non-lieu
  • Le jeune militant a succombé à un tir de grenade offensive en octobre 2017 sur le site du barrage de Sivens.
  • Le gendarme qui a lancé la grenade, ni personne d’ailleurs, ne sera jamais jugé pour la mort du jeune homme de 21 ans.

Personne ne répondra jamais de la mort de Rémi Fraisse, jeune militant écologiste tué à Sivens en octobre 2014. Les juges toulousains en charge de l’affaire viennent en effet de rendre une ordonnance de non-lieu, conformément aux réquisitions prises par le parquet de Toulouse en juin 2017, et comme le craignait la famille.

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Rémi Fraisse, un pacifiste amoureux de la nature, avait 21 ans. Il a succombé à un tir de grenade offensive lors d’échauffourées avec les gendarmes sur le site du barrage contesté de Sivens, dans le Tarn.

« La justice est aux ordres »

Selon Mediapart, qui dévoile cet épilogue judiciaire, les magistrates toulousaines indiquent avoir acquis la certitude que le gendarme mobile à l’origine du tir n’en a pas souhaité les terribles conséquences. Elles excluent donc de le poursuivre pour violences volontaires ayant entraîné la mort mais également pour homicide involontaire.

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Pour Jean Termalet, l’avocat du gendarme (qui n’a jamais été mis en examen au cours de l’enquête), cette issue « n’est pas une surprise ».

Mais du côté de la famille de la victime, la colère perce légitimement : « De toutes les façons, la décision a été prise à haut niveau. La justice est aux ordres, point barre  », réagit Jean-Pierre Fraisse, le père de Rémi. Son avocate, Claire Dujardin, annonce son intention de faire appel de la décision des juges, même si elle ne se fait «pas d'illusion».