Soupçon de financement libyen: Alexandre Djouhri a été placé en garde à vue à Londres

CAMPAGNE L'homme d'affaires ne s’était rendu à aucune des convocations de la justice française…

20 Minutes avec AFP

— 

L'homme d'affaires français Alexandre Djouhri (à droite) en 2009 dans les rues de Monaco en compagnie de Dominique de Villepin.
L'homme d'affaires français Alexandre Djouhri (à droite) en 2009 dans les rues de Monaco en compagnie de Dominique de Villepin. — SIPA

Nouveau rebondissement dans l’affaire du financement libyen supposé de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. L’homme d’affaires français Alexandre Djouhri a en effet été interpellé et placé en garde à vue ce dimanche à Londres, a-t-on appris ce lundi de sources proches du dossier.

Visé par un mandat d’arrêt européen

Arrêté par les policiers britanniques à l’aéroport de Londres Heathrow, Alexandre Djouhri était visé par un mandat d’arrêt européen délivré par les juges d’instruction du pôle financier de Paris, a indiqué l’une des sources, confirmant une information du site internet de L’Obs.

>> A lire aussi : De nombreux indices mais pas de preuves irréfutables dans l'affaire du financement libyen de la campagne de Sarkozy

Cet intermédiaire financier, familier des réseaux de la droite française et proche de Nicolas Sarkozy, est au cœur de l’enquête ouverte à Paris en 2013 mais ne répondait pas aux convocations des enquêteurs. Les juges tentent de vérifier les accusations lancées en 2011 par l’ancien président libyen Mouammar Kadhafi et son fils Seif el-Islam selon lesquelles Nicolas Sarkozy avait bénéficié de leurs fonds pour sa campagne de 2007.

Le parquet national financier a étendu les investigations en septembre 2016 à des soupçons de détournements de fonds à la faveur de la vente en 2009 d’une villa située à Mougins (Alpes-Maritimes), pour environ 10 millions d’euros, à un fonds libyen géré par Bachir Saleh, l’ancien grand argentier du régime de Kadhafi, évincé du pouvoir et tué en 2011.

Il aurait aidé Béhir Saleh à quitter la France

Or, les juges soupçonnent Alexandre Djouhri d’être le véritable propriétaire et vendeur de ce bien et de s’être entendu avec Bachir Saleh pour fixer un prix d’achat « très surévalué ». Les deux hommes n’ont pas répondu à une convocation des enquêteurs de l’Office anti-corruption de la police judiciaire (Oclciff), le 7 septembre 2016.

Les magistrats pensent aussi qu’Alexandre Djouhri a aidé Bachir Saleh à quitter la France au printemps 2012, alors qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt dans son pays. Une exfiltration qui lui a permis de rejoindre ensuite l’Afrique du Sud.

Proche des réseaux chiraquiens, puis de Nicolas Sarkozy

Longtemps réputé proche des réseaux chiraquiens, et notamment de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, Alexandre Djouhri s’était considérablement rapproché de Nicolas Sarkozy.

Dans une série de conversations interceptées par les enquêteurs, l’homme d’affaires avait promis notamment de faire parvenir aux juges d’instruction une lettre, dans laquelle Saleh démentirait un financement de la campagne de Nicolas Sarkozy. Le 21 mars 2014, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, Michel Gaudin, s’enquerrait, « à la demande du président » de la démarche, dont on ignore si elle a abouti.