Levothyrox: Le tribunal de Saint-Gaudens déboute les plaignants qui réclamaient l'ancienne formule

SANTE Le juge des référés a également rejeté la demande d’indemnisation pour « préjudice d’angoisse »…

20 Minutes avec AFP

— 

De nombreuses personnes affirment souffrir d'effets secondaires avec la nouvelle formule de Levothyrox
De nombreuses personnes affirment souffrir d'effets secondaires avec la nouvelle formule de Levothyrox — ALLILI MOURAD/SIPA

Le tribunal de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) a débouté mardi une quarantaine de patients souhaitant obtenir du laboratoire Merck la livraison de l’ancienne formule de Levothyrox car ils souffrent d’effets secondaires de la nouvelle formule, a indiqué l’avocat des plaignants.

>> A lire aussi : Levothyrox: Nouvelle action contre le laboratoire Merck

Le juge des référés, qui a également rejeté la demande d’indemnisation pour « préjudice d’angoisse », a basé sa décision sur plusieurs arguments : « absence de certificats médicaux » sur les effets néfastes du médicaments, « existence de substituts », « seulement 0,6 % soit 15.600 des 2,6 millions personnes traitées par Lévothyrox concernées par ce problème et mise sur le marché par le laboratoire de 218.080 boites », a expliqué Me Jacques Lévy.

La décision du tribunal de Saint-Gaudens va dans le sens opposé à celle du juge des référés de Toulouse, qui avait condamné le 14 novembre le laboratoire à fournir « par le biais des circuits de distribution et de commercialisation, sans délai » le produit ancienne formule aujourd’hui dénommé Euthyrox à 25 patients de la Haute-Garonne.

Ce jugement « reprend les arguments de Merck »

Merck a fait appel de la condamnation toulousaine, qui était assortie d’une astreinte de 10.000 euros par jour et par infraction constatée. Me Lévy a dit qu’il interjetait appel de la décision de Saint-Gaudens. Ce jugement « reprend les arguments de Merck sans tenir compte des nôtres », a déploré Me Lévy à l’AFP.

Il a assuré que les absences de certificats médicaux s’expliquent par « le refus des médecins d’en faire sur le conseil du Conseil du l’ordre » et que les chiffres donnés par le laboratoire ne représentent pas la réalité du terrain. « La plupart des patients n’a pas fait de déclaration » et les 218.080 boites représentent « 1,5 boite par pharmacie », a-t-il dit.

>> A lire aussi : Levothyrox: «Ce n'est pas possible de vivre avec de tels effets secondaires»

Thierry Hulot, le patron des activités de Merck en France, s’est réjoui auprès de l’AFP d’une décision « logique » : le tribunal « a reconnu que, dans ce dossier, il n’y avait ni urgence ni préjudice d’angoisse », et que Merck « a largement fait ce qu’il fallait pour accompagner les patients », a-t-il réagi.

Les audiences en appel pour les dossiers de Saint-Gaudens et Toulouse pourraient être réunies en une seule dans un délai « de trois à quatre mois », selon Me Lévy. Le 11 janvier, une nouvelle décision en référé doit être rendue par le tribunal de Toulouse. Vingt-trois patients ont demandé la livraison de l’ancienne formule de Lévothyrox.

Un autre référé étudié le 26 janvier

Par ailleurs, d’autres audiences sont prévues. L’association Vivre sans thyroïde a déposé un référé devant le TGI de Paris, lequel sera étudié le 26 janvier. Me Lévy prépare encore plusieurs assignations : Castres (Tarn) en janvier, puis plus tard à Montauban, Pau, Albi… Enfin, une action collective a été lancée devant le TGI de Lyon, où se trouve le siège de Merck pour la France. Le procès est programmé en octobre 2018.