Quatre ans avec sursis pour avoir tué une automobiliste en tentant de se suicider

HOMICIDE INVOLONTAIRE L'avocat général avait requis cinq ans de prison, dont deux avec sursis de mise à l'épreuve...

G. N. avec AFP

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Illustration de la balance de Thémis, symbole de la Justice. (Illustration)
Illustration de la balance de Thémis, symbole de la Justice. (Illustration) — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

La cour d’assises de Seine-Maritime a condamné vendredi à quatre ans de prison avec sursis une femme de 39 ans qui avait mortellement percuté une automobiliste de 49 ans, en tentant de se suicider. L’accusée a été reconnue coupable d’homicide involontaire. Sa peine a été assortie d’un sursis avec mise à l’épreuve de trois ans et d’une annulation de son permis de conduire. L’avocat général François Gosselin avait requis cinq ans de prison, dont deux années avec sursis de mise à l’épreuve.

Les faits se sont déroulés le 13 mars 2012 à 13h30 à Angerville-La-Martel en Seine-Maritime : Lætitia L. avait projeté sa voiture sur le véhicule de la victime, la tuant sur le coup. Elle souffrait alors « de troubles psychiatriques » et avait déjà fait « plusieurs tentatives de suicide », selon son avocate Saida Azzahti.

Altération du discernement

Les débats ont essentiellement porté sur la réalité de l’élément intentionnel. « Au moment de l’accident, ma cliente était en état de décompensation psychiatrique, elle n’avait pas conscience de ce qu’elle faisait », a indiqué Me Azzahti à l’AFP. Renvoyée pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, l’accusé a finalement été condamnée pour homicide involontaire.

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La question d’une éventuelle irresponsabilité pénale a également été évoquée. « Il y a eu plusieurs expertises réalisées au cours de l’instruction qui concluaient, pour l’une à une abolition du discernement pour les deux autres à une altération », a relaté l’avocate. La cour d’assises a retenu la seule altération du discernement.

« L’immense douleur » des parties civiles

L’accusée devra se plier à un suivi médical régulier. « C’est une décision équilibrée », a estimé son avocate, qui pense que sa cliente ne fera pas appel. Du côté des parties civiles, Céline Gibard, avocate des trois enfants de la victime, a évoqué « l’immense douleur » de ses clients qui souhaitaient « au moins quelques semaines d’incarcération ». « Là, ils ont l’impression que rien ne va changer dans la vie de l’accusée tandis que pour eux tout est bouleversé. Ils n’ont plus ni père ni mère au moment de fêter Noël », a expliqué l’avocate.

Le mari de la victime est décédé en août dernier à la suite de multiples problèmes de santé. « Il n’a pas supporté la vie sans sa femme », a estimé Me Gibard.