Isère: Quinze ans de prison pour le tireur du braquage de Dolomieu

JUSTICE Il avait tué un homme de 33 ans, voulant le détourner de son braquage, pour voler 200 euros et quelques paquets de cigarettes...

C.G. avec AFP
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Des fleurs sont déposés devant le tabac où un homme a été tué à Dolomieu le 30 juillet 2014
Des fleurs sont déposés devant le tabac où un homme a été tué à Dolomieu le 30 juillet 2014 — Philippe Desmazes AFP

Le jeune braqueur d’un bureau de tabac il y a trois ans, qui avait tué d'un coup de fusil un client qui intervenait, a été condamné vendredi à 15 ans de réclusion criminelle par les assises de l’Isère. Le parquet avait requis 20 ans contre Mukael Erdem, 22 ans à son procès, 19 au moment des faits en juillet 2014, à Dolomieu.

« Trois crimes en 30 minutes dont un atroce qui a tué un homme de bien de 33 ans », Hugo Villerez, a résumé Thérèse Brunisso, l’avocate générale. « Une mort pour 200 euros et quelques paquets de cigarettes. »

Tué pour s’être interposé

L’un des avocats de la défense, Me Romaric Chateau, avait dénoncé « une peine requise généralement pour un assassinat », un scénario très loin du cocktail « d’oisiveté, de bêtise, d’alcool et d’amateurisme » qui a présidé à cet après-midi dramatique.

Avant de tirer contre Hugo Villerez qui voulait le détourner de son braquage, Mukael Erdem et son complice - qui s’était suicidé après cinq jours en détention provisoire - ont commis, fusil de chasse à la main, une tentative de car-jacking puis un vol de voiture pour se rendre de Morestel à Dolomieu, distant d’une dizaine de kilomètres.

Un braquage pour payer ses vacances

« S’il n’a pas voulu cette mort, il en a pris le risque », avait estimé Thérèse Brunisso, rappelant « le choix délibéré » de charger le fusil au maximum, soit trois cartouches, avant de partir trouver de quoi se payer des vacances.

« Hugo est-il un héros ? Ou est-il intervenu parce qu’il était sous l’emprise de la cocaïne et de l’alcool ? […] c’est les deux pour moi », a dit la magistrate, pour qui « cela n’enlève rien, rien du tout, à la responsabilité » de Mukael Erdem.

Aveu de culpabilité

L’avocate générale a toutefois relevé plusieurs éléments « positifs » à décharge : sa « grande immaturité » d’alors, la présence constante de sa famille qui est un « facteur de réinsertion » et enfin la « précocité de son aveu » de culpabilité, dès que les gendarmes sont venus l’arrêter, quatre jours après le drame.

Alors, cette « scène de western » au centre du bourg de Dolomieu demeure une affaire « qui a dévasté trois familles : la famille Villerez qui a perdu un fils et un frère, la famille de Morgan Vertu qui s’est donné la mort, et dans une moindre mesure la famille Erdem dont le fils est vivant mais va partir pour une longue peine ».