Béziers: Six ans de prison ferme pour avoir enlevé ses trois enfants en Turquie

PROCÈS Trois ans après leur séparation forcée, les enfants avaient réussi à s’échapper et prendre contact avec leur mère via les réseaux sociaux…

20 Minutes avec AFP

— 

Le père était jugé pour «soustraction de mineurs par ascendant», «délaissement de mineurs» et «privations de soins». (Photo d'illustration).
Le père était jugé pour «soustraction de mineurs par ascendant», «délaissement de mineurs» et «privations de soins». (Photo d'illustration). — Thomas Coex AFP

Un maçon turc a été condamné vendredi à six ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Béziers ( Hérault) pour avoir arraché pendant trois ans ses trois enfants de nationalité française à leur mère en les cachant en Turquie.

Yusuf Kizilirmak, 38 ans, jugé pour « soustraction de mineurs par ascendant », « délaissement de mineurs » et « privations de soins », a également été condamné au retrait définitif de ses droits parentaux et à cinq ans de privation de ses droits civiques et civils.

Deux sœurs condamnées pour complicité

Son père Mehmet, reconnu coupable de complicité pour avoir gardé les enfants en Turquie, et qui n’a jamais été retrouvé par les enquêteurs, a été condamné à trois ans de prison ferme. Ses deux sœurs Sengul (40 ans) et Ladigar (33 ans) ont été condamnées chacune à deux ans de prison ferme pour complicité.

Mucahide Turgut, 33 ans, ex-épouse franco-turque de Yusuf Kizilirmak, avait déposé plainte le 17 mars 2014 après le non-retour de ses trois enfants, qu’elle avait confiés à leur père pour les vacances scolaires, selon l’ordonnance d’un juge aux affaires familiales après leur divorce.

>> A lire aussi : La mère du petit Mathis lance une nouvelle campagne pour retrouver son fils

La peine maximale requise

Yusuf Kizilirmak avait été interpellé le 21 octobre 2015 à Chambéry (Savoie), où il résidait, puis écroué à Béziers, mais il avait refusé de dire précisément où se trouvaient ses enfants, évoquant d’abord les Pays-Bas puis l’Anatolie, sa région d’origine, en Turquie.

« Il a bafoué les intérêts de ses enfants et il a préféré croupir en prison plutôt que de dire où il les avait cachés », a lancé la substitut du procureur de Béziers Angélique Depétris, qui a requis vendredi la peine maximale, soit sept ans de prison ferme, contre le principal accusé.

>> A lire aussi : «Cet événement va rester, ça va le marquer, il va se construire avec»

Mauvais traitements

En avril 2017, la fille aînée Dilara, aujourd’hui âgée de 15 ans, et ses deux frères, Yasin, 14 ans, et Yumus-Emre, 7 ans, avaient réussi à prendre contact avec leur mère via les réseaux sociaux, puis à se réfugier dans une gendarmerie d’Istanbul. Leur mère était alors venue les chercher, après une séparation de trois ans, pendant laquelle on avait affirmé aux enfants qu’elle les avait abandonnés.

Les enfants ont expliqué avoir été emmenés dès mars 2014 en Turquie, par leur père et leurs tantes, sous le prétexte de vacances. Ils ont témoigné avoir été placés pendant trois ans sous la garde de leur grand-père paternel, Mehmet, n’avoir jamais été scolarisés, n’avoir bénéficié d’aucun suivi médical, alors que Yasin souffre d’une leucémie, et avoir subi des mauvais traitements physiques et psychologiques.

La mère et les trois enfants étaient absents à l’audience vendredi.