Harcèlement sexuel: La plainte contre l’ex-directeur de la rédaction de France 2 classée sans suite pour prescription

PRESCRIPTION « Ma plainte est classée sans suite. Parce que les faits sont prescrits, à quelques semaines près. Et pour nulle autre raison », a déclaré Anne Saurat-Dubois, la journaliste qui avait porté plainte pour « harcèlement sexuel et moral »…

20 Minutes avec AFP
— 
Le journaliste Eric Monier, ici à Dakar en 2004, a dirigé la rédaction de France 2 de 2010 à 2015.
Le journaliste Eric Monier, ici à Dakar en 2004, a dirigé la rédaction de France 2 de 2010 à 2015. — SEYLLOU DIALLO / AFP

La plainte que la journaliste Anne Saurat-Dubois avait déposée fin octobre pour « harcèlement sexuel et moral » contre l’ex-directeur de la rédaction de France 2, Eric Monier, a été « classée sans suite », les faits étant « prescrits ».

>> A lire aussi : Harcèlement sexuel: Une journaliste porte plainte contre l'ex-directeur de la rédaction de France 2, qui conteste les faits

Eric Monier, qui avait porté plainte en retour début novembre pour « dénonciation calomnieuse », a déclaré qu’il ne connaissait pas les motivations de ce classement sans suite et qu’il maintenait sa propre plainte, affirmant que les faits dénoncés par la journaliste « sont faux ».

« Les faits sont concordants. Etayés. Réels. »

« Ma plainte est classée sans suite. Parce que les faits sont prescrits, à quelques semaines près. Et pour nulle autre raison », a assuré Anne Saurat-Dubois, journaliste politique à BFMTV, sur son compte Twitter.

La journaliste avait annoncé fin octobre avoir porté plainte « pour harcèlement sexuel et moral » contre Eric Monier. Celui-ci était directeur de la rédaction de France 2 lors des faits visés dans sa plainte, intervenus de 2011 à 2013, selon son avocat Philippe de Veulle.

La journaliste a souligné ce mardi que sa plainte « aurait pu être classée sans suite parce que les faits n’auraient pas été suffisamment "constitués", pas assez graves, concordants, avérés ». « Cela n’est pas le cas, et ceux qui ont mené l’enquête me l’ont notifié sans ambiguïté. Les faits sont concordants. Etayés. Réels. Cela constitue en soi une victoire pour moi », a-t-elle affirmé sur Twitter.

La nouvelle loi sur la prescription n’est pas rétroactive

Eric Monier a de son côté indiqué que lui et son avocat ne connaissaient pas les motivations de ce classement sans suite : « Nous ne sommes pas destinataires du classement. C’est la procédure qui veut cela. Nous n’en connaissons donc pas les motivations ». « Ce que je peux vous dire, c’est que les faits sont faux et nous maintenons notre plainte en dénonciation calomnieuse », a-t-il ajouté.

Une nouvelle loi adoptée en 2017 a porté de trois à six ans le délai de prescription concernant les harcèlements sexuels et moraux. Mais cette mesure n’est pas rétroactive.