Un jeune YouTubeur condamné pour terrorisme sera rejugé

PROCES Cet Algérien avait écopé le 1er décembre de cinq ans de prison pour des velléités de départ en Syrie, des échanges au sein de la « djihadosphère » et le téléchargement de dizaines de fichiers de la propagande de Daesh...

20 Minutes avec AFP

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Illustration YouTube — RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA

Le jeune YouTubeur condamné début décembre à Paris à cinq ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs à visée terroriste sera rejugé, le parquet ayant fait appel de sa condamnation, a-t-on appris ce lundi de source judiciaire.

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Cet Algérien de 20 ans, prénommé Omar, avait créé sur YouTube des sketches humoristiques à succès, intitulés « Mamadou Segpa ».

Il était devenu « drogué » à la propagande djihadiste

Lors de son procès, le 1er décembre, ce passionné de vidéo avait expliqué comment il était devenu ensuite « drogué » à la propagande djihadiste en regardant les films de Daesh sur internet.

Jusqu’à être le destinataire d’une vidéo présageant l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray en juillet 2016, enregistrée par l’un des deux tueurs du père Jacques Hamel, Abdel Malik Petitjean. Le propagandiste de Daesh Rachid Kassim, avec qui Omar était en contact régulier sur la messagerie cryptée Telegram, la lui avait envoyée en lui demandant de la diffuser.

Il voulait partir en Syrie 

Le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamné à l’issue de l’audience à cinq ans de prison pour des velléités de départ en Syrie, ces échanges répétés au sein de la « djihadosphère » sur internet et le téléchargement de fichiers par dizaines : images d’attentats, conseils sur les techniques de dissimulation.

En dépit de faits « d’une gravité évidente » - « vouloir partir en Syrie après les attentats de 2015 et 2016 » - les juges s’étaient toutefois dits « confiants » s’agissant de sa « prise de conscience ».

Le parquet avait demandé sept ans de prison dont les deux tiers ferme

Le procureur avait demandé sept ans, avec période de sûreté des deux tiers. « Je regrette que le parquet interjette systématiquement appel des décisions judiciaires qui prennent soin de personnaliser une peine », a réagi son avocate, Marie Dosé.

Un jeune homme de 19 ans, jugé à ses côtés pour des velléités de départ en Syrie, avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont six mois avec sursis et arrêté à l’audience. Il a fait appel de sa condamnation et le parquet également, selon la source judiciaire.