Albi: Condamné par la justice grecque pour avoir aidé sa belle-famille syrienne, il fait appel

JUSTICE Condamné à sept ans de prison par la justice grecque pour avoir aidé sa belle-famille syrienne, un Albigeois en appelle au gouvernement français…

Beatrice Colin

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Stephan Pélissier (à gauche) avec son épouse et sa belle-famille syrienne.
Stephan Pélissier (à gauche) avec son épouse et sa belle-famille syrienne. — Stephan Pelissier
  • Considéré comme un passeur par la justice grecque après avoir aidé sa belle-famille syrienne, Stéphan Pélissier a été condamné à sept ans de prison.
  • Pour éviter l’incarcération, Stéphan Pélissier était censé verser près de 27.000 euros. Il a fait appel de sa condamnation et a interpelé le gouvernement.

Le cauchemar se poursuit pour Stéphan Pélissier. Le 29 novembre dernier, ce juriste albigeois, était condamné à sept ans de prison par la justice grecque pour avoir aidé sa belle-famille syrienne à fuir leur pays.

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Les juges ont considéré qu’en allant chercher ses beaux-parents, sa belle-sœur et un cousin au cours de l’été 2015, il avait joué un rôle de passeur de migrants alors qu’il avait prouvé leur lien de parenté.

« Quand on a appris ça, nous étions sous le choc. Ce qui nous a indigné c’est que le juge nous a dit que nous pouvions racheter cette peine, ce qui est unique en Europe », relève Stéphan Pélissier, qui vit depuis le Tarn ces multiples rebondissements.

Il vient de faire appel de sa condamnation

Après s’être fait confisquer son véhicule neuf par l’Etat grec en 2015 lors de son arrestation, il s’était donc fait à l’idée de s’acquitter des 12.800 euros que lui réclamait le tribunal de Patras pour éviter la prison et « tourner la page ». Et à ces fins, il a lancé une cagnotte sur Leetchi pour réunir la somme avant le 9 décembre, date limite pour faire appel.

Mais mercredi, à trois jours de la date limite et alors qu’il a collecté la somme nécessaire, il apprend par son avocate grecque qu’il doit non pas 12.800 euros mais près de 27.000 euros au total.

« Ce droit d’accroissement est une sorte de taux majoré de 110 %, cela a été la seconde douche froide. Demain ce sera quoi ? Si on n’était pas en Europe je parlerai de racket institutionnalisé. J’ai l’impression d’être l’ennemi public numéro 1 alors que ma famille est d’abord une victime du régime de Bachar al-Assad », s’énerve Stephan Pélissier qui vient de faire appel de sa condamnation.

Pour faire bouger les lignes, et éviter de replonger dans deux années de procédure avant le procès en appel, il espère être entendu par le gouvernement français. Pour l’heure, la seule réponse de Matignon a été de l’informer que son dossier était transmis à la Garde des Sceaux et au ministre des Affaires étrangères. L’Albigeois a lancé une pétition qui a enregistré près de 5.000 signatures, mais, malgré l’élan de solidarité, « se sent bien seul ».