Une nourrice jugée pour la mort d'un bébé et condamnée à trois ans de prison ferme

JUSTICE Le 9 juin 2010, Mélissa était admise à l’hôpital dans un état critique. Sa nourrice déclarait l’avoir secouée violemment après l’avoir vu convulser tandis qu’elle la changeait…

20 Minutes avec AFP

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Illustration police nationale
Illustration police nationale —

Et c'est finalement trois ans ferme. Une assistante maternelle de 64 ans a été condamnée ce mardi alors que les réquisitions demandaient sept ans de prison ferme. Elle a été reconnue coupable de maltraitances ayant conduit à la mort en 2010 d’un bébé de cinq mois.

L’accusée, qui niait toute maltraitance, comparaissait libre devant les assises de Seine-Saint-Denis pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », une accusation passible de 20 ans de réclusion. Elle a été incarcérée a l'issue du verdict.

Le professionnalisme de l’assistante maternelle n’a jamais été mis en cause

Le 9 juin 2010, Mélissa était admise à l’hôpital dans un état critique. Sa nourrice, qui la gardait à son domicile d’Aulnay-sous-Bois depuis un mois, déclarait l’avoir secouée violemment après l’avoir vu convulser tandis qu’elle la changeait.

La petite fille est morte le 20 juin. Entre-temps, des scanners avaient révélé une fracture récente au crâne ainsi que de multiples fractures plus anciennes, aux bras et aux chevilles.

Alors que la mère était rapidement mise hors de cause, les soupçons se portaient sur l’assistante maternelle, une mère divorcée décrite comme dépressive, mais dont le professionnalisme n’avait jamais été mis en cause depuis qu’elle avait obtenu son agrément en 2001.

Pour l’avocate générale, « le fait que Mélissa pleurait souvent a été source de stress, de fatigue puis d’exaspération intense, au point de ne plus en pouvoir et de faire preuve de violences ». Une simple « hypothèse », a admis la représentante du parquet, qui a regretté que l’accusée n’ait exprimé « aucun aveu, aucun regret et aucune culpabilité » au cours de l’audience.

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Une culpabilité « scientifiquement prouvée » pour la partie civile

Me Nicolas Fondanèche, l’avocat de la défense, a dit vouloir « lutter » contre la volonté de l’accusation et de la partie civile de faire de sa cliente une « coupable par défaut ».

Il s’est employé à fragiliser les « certitudes » de l’instruction, relevant qu’à l’audience les experts avaient été moins catégoriques que dans les rapports remis aux enquêteurs, qu’il s’agisse de la datation des fractures mais aussi de la possibilité que la nièce de l’accusée ait pu les avoir commises en manipulant imprudemment le bébé.

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Pour Monique Doré, l’avocate de la mère et des grands-parents du bébé, l’accusée est une femme « sadique », enfermée dans le déni.

Or, pour la partie civile, sa culpabilité était « scientifiquement prouvée ». Et a été incidemment révélée par un lapsus commis par la nourrice lundi. Interrogée sur les faits, elle avait déclaré avoir « cogné Mélissa » avant de se reprendre aussitôt : « je voulais dire : "quand j’ai secoué Mélissa" ».