Activités de Lafarge en Syrie: Trois cadres du cimentier placés en garde à vue

ENQUETE Ils risquent une mise en examen pour financement du terrorisme et mise en danger d’autrui…

H. B.

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Lafarge est un groupe français de matériaux de construction, leader mondial dans son secteur.
Lafarge est un groupe français de matériaux de construction, leader mondial dans son secteur. — FRANCK FIFE / AFP

L’enquête visant le groupe Lafarge progresse. Trois cadres du cimentier français, entendus par le Service national de la douane judiciaire (SNDJ), ont été placés ce mercredi en garde à vue, selon des sources proches de l’enquête.

Certaines de ces personnes en garde à vue avaient déjà été entendues lors de l’enquête préliminaire. La justice cherche à établir d’éventuelles responsabilités pénales. Ils risquent une mise en examen pour « financement du terrorisme» et « mise en danger d’autrui ».

Une perquisition le mois dernier au siège du groupe à Paris

L’enquête, menée depuis juin par trois juges d’instruction des pôles financiers et antiterroristes de Paris, doit déterminer si le géant du ciment a transmis ou non de l’argent à certains groupes, notamment l’EI, pour continuer à faire fonctionner en 2013 et 2014, malgré le conflit, la cimenterie de Jalabiya (nord du pays).

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Les enquêteurs cherchent aussi à savoir si des responsables de l’entreprise en France, qui a fusionné en 2015 avec le Suisse Holcim, ont eu connaissance de tels accords et du danger qu’ils ont pu faire courir aux employés syriens sur place. Une information judiciaire a été ouverte par le Parquet de Paris en juin dernier et une perquisition a déjà eu lieu le mois dernier au siège du groupe à Paris.