«Envoyé Spécial»: France Télévisions relaxé après un reportage sur les calanques de Cassis

DIFFAMATION La ville de Cassis avait attaqué France Télévisions pour diffamation... 

A.M. avec AFP

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Vue du massif des calanques à Cassis en 2003
Vue du massif des calanques à Cassis en 2003 — Boris Horvat AFP
  • France Télévisions a été relaxé par le tribunal correctionnel de Marseille.
  • La ville de Cassis poursuivait « Envoyé Spécial » pour diffamation après un reportage sur la pollution dans les calanques.

France Télévision a finalement été relaxé par le tribunal correctionnel de Marseille, alors que la mairie de Cassis leur reprochait d’avoir nui à l’image de la ville à travers un reportage sur la pollution dans les calanques.

Le reportage « n’indique aucunement que la commune de Cassis serait responsable, coupable ou comptable de la situation dénoncée », écrit dans sa décision le tribunal. « L’assainissement collectif (et donc le fonctionnement et la gestion de la station d’épuration visée) relève de la compétence de la communauté urbaine Marseille Provence », poursuit-il.

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« Tourbillon d’excréments »

Le tribunal a également relaxé l’apnéiste Michel Dron et débouté la commune de sa demande de dommages et intérêts. Elle réclamait plus de 3 millions d’euros à France Télévisions pour rétablir son image, qu’elle estime écornée dans le reportage diffusé dans l’émission Envoyé Spécial le 28 juillet 2016.

Dans l’enquête, intitulée « Calanques en eaux troubles », la journaliste rapportait les rejets d’eaux usées d’une station d’épuration aux abords de Cassis, en plein parc national des calanques. Michel Dron, qui plonge à une centaine de mètres de la plage, à 5 mètres de profondeur, et filme lui-même une canalisation débouchant dans la mer, décrivait un « tourbillon d’excréments ».

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Lanceur d’alerte

« Je suis soulagé, même si le fond, la question de la pollution, n’est pas tranchée », a réagi Michel Dron à l’annonce du jugement. « J’espère que d’autres continueront le combat », a ajouté l’apnéiste qui se définit comme « un lanceur d’alerte ». Le 5 septembre, le parquet, retenant la « bonne foi » de France Télévisions et celle de l’apnéiste, avait requis leur relaxe.

La maire de Cassis, citant de nombreuses études prouvant la bonne qualité des eaux de baignade de sa ville, avait assuré qu’il était « impossible que des excréments sortent à cet endroit ». Le directeur de la station d’épuration de Cassis, Fabien Pinna, interrogé comme témoin, avait répondu que, même en pleine saison, la station était bien en dessous de son débit maximal. Selon lui, le panache qui apparaît sur les images du plongeur est « un phénomène naturel, quand l’eau douce entre dans de l’eau salée ».