Grenoble: Amputé d’une jambe, il porte plainte contre l’hôpital et le médecin urgentiste

JUSTICE Thomas Veyret dénonce des négligences de la part du CHU de Grenoble et du médecin urgentiste qu’il a contacté en premier…

Caroline Girardon

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Thomas Veyret, amputé de la jambe à 21 ans après un accident de trampoline, a porté plainte contre le médecin urgentise et le CHU de Grenoble pour négligences et
Thomas Veyret, amputé de la jambe à 21 ans après un accident de trampoline, a porté plainte contre le médecin urgentise et le CHU de Grenoble pour négligences et — X. Vila / Sipa
  • Après un accident de trampoline, Thomas Veyret, 21 ans, a été amputé de la jambe droite.
  • Il a porté plainte pour « blessures involontaires » et remet en cause les décisions de l’urgentiste et du CHU de Grenoble.
  • Son avocat parle d’un cumul de fautes caractérisées.

Depuis quelques mois, sa vie a complètement changé. Depuis ce fatal accident de trampoline le soir du 7 février au cours duquel il se produisait dans un complexe sportif de l’agglomération grenobloise. Une absence d’échauffement, une figure risquée et une mauvaise chute à l’arrivée.

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Aujourd’hui Thomas Veyret, âgé de 21 ans, marche avec une prothèse. Mal soigné, le jeune homme s’est retrouvé amputé de la jambe droite. Il vient de porter plainte pour « blessures involontaires » contre le médecin​ urgentiste et le CHU de Grenoble.

« J’aimerais comprendre ce qu’il s’est passé »

Il a fallu réapprendre patiemment à monter ou descendre des escaliers, adopter cette prothèse « jamais très confortable », composer avec « les douleurs fantôme qui resteront » et les brûlures à l’aine. Pour autant, le jeune homme n’a pas d’amertume. Il ne dénonce pas d’erreurs, juste des « négligences de la part de médecins » qui lui ont coûté sa jambe. « J’aimerais comprendre ce qu’il s’est passé. Histoire que cela ne se répète pas pour d’autres personnes ».

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« Nous sommes face à un cumul de fautes caractérisées », estime Edouard Bourgin, son avocat. Le soir de l’accident, le jeune homme appelle les urgences. Au bout du fil, le médecin régulateur emploie « un ton désagréable » et lui intime de remettre lui-même en place son genou, pourtant tordu à 90 degrés. Le téléphone dans une main, Thomas s’exécute péniblement de l’autre bras, en contenant sa douleur.

Un scanner pratiqué douze heures après

« Il ne sait pas encore à ce moment-là qu’il a pourtant une fracture du plateau tibial. Cela a contribué à la perte de sensibilité de sa jambe. C’était un geste totalement inadapté qui aurait dû être pratiqué uniquement par un médecin, sous anesthésie », martèle l’avocat. Et d’ajouter : « C’est comme si un chirurgien vous disait qu’il n’avait pas le temps et vous demandait de vous opérer vous-même ! ».

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L’histoire n’en reste pas là. Transporté au CHU de Grenoble, Thomas se voit prescrire un angioscanner, la norme dans de telles circonstances. Mais l’examen ne sera pratiqué que le lendemain, soit douze heures après l’accident. Bien trop tard. Sa jambe n’est plus irriguée depuis l’accident. Les chances de la conserver sont quasiment nulles.

Une prothèse à près de 100.000 euros

Finalement, l’amputation sera décidée dix jours plus tard en raison de la nécrose qui s’est installée. L’avocat a donc formulé une demande d’indemnisation qui pourrait « dépasser le million d’euros ». « Une prothèse coûte entre 80 et 100.000 euros. Il faudra la changer tous les quatre à cinq ans et Thomas n’a que 21 ans », rappelle Edouard Bourgin.

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Le jeune homme n’a pourtant rien perdu de sa fougue, conservant un mental d’acier. Aujourd’hui, il n’espère qu’une chose : reprendre le sport. « Le vélo, c’est galère. Le trampoline, aussi. J’ai essayé mais ce n’est pas très convaincant. Alors je vais tester d’autres disciplines », conclut-il. Le CHU de Grenoble n’a pas fait de commentaires.