Le procès d'une filière djihadiste orléanaise s'ouvre ce mercredi à Paris

JUSTICE Neuf jeunes hommes tous originaires du Loiret sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris…

Helene Sergent

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Un palais de justice (illustration).
Un palais de justice (illustration). — PHILIPPE HUGUEN / AFP
  • Les prévenus, âgés de 22 à 31 ans sont poursuivis pour « associations de malfaiteurs terroriste ».
  • Ils sont suspectés d’être allé en Syrie et d’avoir rejoint un groupe islamiste.

Neuf jeunes hommes âgés de 22 à 31 ans, tous originaires d’Orléans ou de la région orléanaise sont jugés à partir de ce mercredi à Paris. « Il leur est reproché d’être partis en Syrie dans le cadre d’une filière djihadiste manifestement organisée à partir du mois de septembre 2012, les départs se poursuivant jusqu’au mois de septembre 2015 », précise une source judiciaire à 20 Minutes.

« Des adultes, pas des gamins »

En mars 2016, le journal Le Monde publiait une longue enquête sur ce groupe atypique tenté par le djihad. « Les profils du groupe d’Orléans sont aussi singuliers que leur origine géographique. Des hommes relativement diplômés et sans casier judiciaire, reflets des mille et uns visages de la radicalisation », écrivait la journaliste du quotidien. Une vision que confirme aujourd’hui un avocat de la défense à 20 Minutes : « On a affaire à des adultes, pas des gamins, qui ont dépassé la vingtaine, qui sont intelligents, diplômés avec une grande culture religieuse ».

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Au total, ce sont 19 hommes originaires de la même ville qui se sont retrouvés en Syrie au sein du groupe islamiste « l’Armée de Mohammed ». Neuf comparaissent ce mercredi devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris et dix sont toujours visés par un mandat d’arrêt. « Le groupe qu’ils ont rejoint n’est pas affilié à l’Etat islamique ni à Al-Nosra », précise toutefois l’un des avocats de la défense.

Quelle implication ?

Les djihadistes orléanais ont-ils participé à des combats ou des exactions ? A cette question, les réponses varient dans le dossier. « Un seul reconnaît avoir combattu », précise une source judiciaire, les autres évoquant des « tours de ronde armés » mais niant avoir participé à des combats. « Ils ne disent pas je suis parti là-bas pour distribuer des sacs de riz mais on ne peut pas prouver sauf pour une période postérieure à la prévention, quelconques exactions », poursuit la défense.

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Pour le parquet en revanche, la procédure a permis de mettre en lumière une filière « organisée ». Trois éléments permettraient de l’étayer : l’endoctrinement auprès d’un même prédicateur à Orléans, la présence sur zone (en Syrie) d’un homme qui a acquis le rôle officieux de responsable des combattants français et la présence d’un ou deux de ses « relais » en France. Jugés jusqu’au 30 novembre, les neufs orléanais encourent jusqu’à dix ans de prison.