Marseille: Il avait provoqué un accident de la route avec un char... Un ex-légionnaire condamné

PROCES Le passager de la voiture percutée a été grièvement blessé, il est aujourd'hui cloué sur un fauteuil roulant...

J.S.-M. avec AFP
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Entraînement avec un char Leclerc, à Sissonne, le 29 novembre 2012 (illustration).
Entraînement avec un char Leclerc, à Sissonne, le 29 novembre 2012 (illustration). — A. GELEBART/20 MINUTES
  • En son absence, le militaire a été condamné à un an de prison avec sursis.
  • Il conduisait un char qui a grièvement blessé le passager d'une voiture, en 2008, lors d'une collision.

Il n’avait pas respecté un « cédez le passage. » Un ancien légionnaire responsable d’un accident de la circulation alors qu’il pilotait un char a été condamné ce lundi à un an de prison avec sursis pour blessures involontaires par le tribunal correctionnel de Marseille. Il n’était pas présent à l’audience : la justice a perdu la trace de cet ancien militaire, d’origine argentine.

Le 3 avril 2008, un char qui participait à des manœuvres avait violemment percuté une voiture sur une départementale à Camaret-sur-Aigues (Vaucluse). Dernier véhicule d’un convoi composé de deux autres chars, de trois blindés légers et d’une Jeep, il avait donc grillé un « cédez le passage.

Manque de visibilité

La conductrice de la voiture n’avait pu éviter le choc et sa Toyota avait été renversée sur le flanc. Atteint d’une sclérose en plaques mais valide à l’époque, son passager avait été très gravement blessé. Il est depuis cloué sur un fauteuil roulant et totalement dépendant.

Pour se défendre, le légionnaire avait expliqué que la forêt épaisse l’empêchait de voir la route. Il affirmait également que l’ordre de stopper l’engin, lancé par le chef du char, était peu audible, en raison d’autres communications radio.

Un char AMX 10 RC se pilote à deux mais le chef n’avait pas été mis en examen expliquant avoir donné, en vain, l’ordre de ralentir puis de stopper.

« Toute ma vie, je vivrai avec ces images de guerre d’un char qui nous fonce dessus »

« Toute ma vie, je vivrai avec ces images de guerre d’un char qui nous fonce dessus », a expliqué la victime, que son état de santé empêchait de venir témoigner, dans un écrit lu par son avocat Philippe Courtois. « Je me sens comme un chien écrasé abandonné au bord de la route », a-t-il poursuivi. Selon son avocat, l’armée n’a jamais pris de ses nouvelles.