Crash d’hélicoptère dans les Pyrénées: Un rapport charge le pilote dans l’accident qui avait fait quatre morts en 2016

GENDARMERIE Quatre gendarmes avaient trouvé la mort dans un accident d’hélicoptère dans les Hautes-Pyrénées, en mai 2016…

N.S. avec AFP

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Un helicoptère de la gendarmerie. Illustration.
Un helicoptère de la gendarmerie. Illustration. — C. Villemain / 20 Minutes

La branche défense du Bureau enquêtes accidents (BEAD-air) a rendu son rapport : selon ce document, publié ce lundi, une série de défaillances de la part du pilote est à l’origine de l’accident d’un hélicoptère de la gendarmerie dans les Hautes-Pyrénées, qui avait coûté la vie à quatre gendarmes le 20 mai 2016.

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Le drame s’était produit au cours d’une mission diligentée par la gendarmerie dans le massif du Vignemale, point culminant des Pyrénées françaises à 3.298 m, au moment où l’équipage de l’hélicoptère y récupérait cinq militaires déposés le matin même pour un entraînement.

Quatre pères de famille âgés de 43 à 49 ans

Après avoir embarqué deux d’entre eux, l’appareil avait décollé avant de s’engager dans un couloir étroit. Mais les pales de l’aéronef avaient heurté une paroi, avant de s’écraser 600 mètres plus bas, à environ 2.500 m d’altitude. Les quatre gendarmes, pères de famille et âgés de 43 à 49 ans, avaient tous péri.

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Le BEAD-air écarte tout problème mécanique de l’appareil, mais aussi toute anomalie sur la chaîne de commandes de vol ainsi que des conditions météorologiques défavorables. Selon l’enquête, le pilote, un homme expérimenté totalisant plus de 4.300 heures de vol, dont plus de 2.500 sur ce type d’appareil, serait le responsable du crash.

« Un décollage à faible hauteur »

Ainsi, « la représentation imprécise du relief avant le décollage » a « conduit le pilote à réaliser un décollage à faible hauteur dans le couloir de Gaube », affirme le document. La hauteur prise par l’appareil, évaluée à sept mètres, ne garantissait « pas de marge suffisante vis-à-vis de l’obstacle » se dressant à sa droite, dans un couloir dont la largeur, à cette hauteur, est de 18 m pour un rotor de 11 m.

Le BEAD-air souligne aussi « le sentiment de maîtrise de la situation par le pilote lié à l’expérience et l’expertise de la haute montagne ».

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Les enquêteurs notent par ailleurs « la répétition des rotations qui aboutit à l’installation de routines qui conduisent le pilote à réaliser un décollage rapide » et soulignent « une combinaison de défauts d’attention et de difficultés de perception » qui « limite la capacité du pilote à mener une action corrective ».

Sont listées ainsi la « focalisation de l’attention » du pilote « sur la paroi gauche » du couloir, « particulièrement imposante visuellement » et « culminant à 243 mètres au-dessus de l’hélicoptère » ou la « perception approximative des distances et du diamètre rotor ». Cet accident était le plus grave dans l’histoire de la gendarmerie.