Nice: L'association Roya Citoyenne autorisée par la justice à poursuivre ses actions

FRONTIERE La demande de dissolution, émanant de l’association Défendre la Roya et de l’élu proche de Marion Maréchal-Le Pen Olivier Bettati, a été déboutée ce jeudi par le tribunal de Nice…

Mathilde Frénois

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In this Wednesday, Jan. 4, 2017 file picture, Cedric Herrou, a French activist farmer who faces up to five years in prison as he goes on trial accused of helping African migrants cross the border from Italy, waits outside the Nice courthouse, southern France. Cedric Herrou remains defiant: Ahead of a court ruling that could see him jailed for sheltering migrants, the French activist has more arrivals from Africa staying on his farm.
In this Wednesday, Jan. 4, 2017 file picture, Cedric Herrou, a French activist farmer who faces up to five years in prison as he goes on trial accused of helping African migrants cross the border from Italy, waits outside the Nice courthouse, southern France. Cedric Herrou remains defiant: Ahead of a court ruling that could see him jailed for sheltering migrants, the French activist has more arrivals from Africa staying on his farm. — CLAUDE PARIS/AP/SIPA

Elle était sous la menace d’une dissolution. L’association Roya citoyenne, qui vient en aide aux migrants dans une vallée entre la France et l’Italie, a appris ce jeudi qu’elle est autorisée à poursuivre ses actions. Le tribunal de Nice a débouté une demande de dissolution émanant de l’élu proche de Marion Maréchal-Le Pen  Olivier Bettati et de l’association  Défendre la Roya.

5.000 euros de dommages et intérêts

« Défendre la Roya et son mentor Olivier Bettati ont été déboutés de leur demande de dissolution de Roya citoyenne, et ont été condamnés à 5.000 euros de dommages et intérêts, ainsi qu’à une prise en charge des frais de procédure à hauteur de 2.000 euros », indiquent les militants de Roya Citoyenne dans un post Facebook.

Cette association, dont fait partie la figure de l’aide aux migrants Cédric Herrou, apporte une aide administrative et d’hébergement aux réfugiés qui transitent par leur vallée.

Une audience le 13 octobre

La requête émanait d’une autre association, Défendre la Roya, et de l’élu CNIP Olivier Bettati. Tous s’étaient retrouvés sur les bancs du palais de justice de Nice le 13 octobre dernier. Ce collectif, soutenu par le FN local, estime que Roya citoyenne exerce « des activités illégales » et que son objet social est « illicite ».

Ce n’est pas la vision du tribunal de Nice qui a débouté Défendre la Roya et Olivier Bettati. « L’introduction, sur un fondement juridique hasardeux, d’une telle action par un homme politique et une association opportunément créée, relève manifestement davantage d’une volonté de servir une cause politique que de nouer un débat juridique », pointe le juge Alain Chateauneuf, président du tribunal de Nice.

« Les bénévoles leur apportent les coordonnées GPS »

Après le rendu de la décision, Olivier Bettati s’est dit « scandalisé » : « Nous attendions que la justice se prononce sur le droit, elle n’a fait aujourd’hui manifestement que de la politique car le tribunal n’a répondu à aucun argument juridique soulevé par notre conseil, explique-t-il. Je leur reproche d’être la base logistique à partir de laquelle Cédric Herrou fait entrer des gens de manière illicite sur le territoire national. C’est une filière mafieuse qui amène ces pauvres gens à Vintimille et en leur amenant des sandwichs, les bénévoles leur apportent les coordonnées GPS de chez Cédric Herrou. »