Nîmes: Le prévenu, en larmes, remercie les policiers de ne pas l’avoir tué

JUSTICE Un homme avait foncé sur des policiers en voiture après les avoir menacés avec une arme à feu. Les fonctionnaires l’ont épargné en décidant volontairement de ne pas le toucher…

Jérôme Diesnis

— 

Le Palais de Justice de Nîmes.
Le Palais de Justice de Nîmes. — Frank Fell / The Travel/REX/SIPA

« Merci, merci, merci ! » Le prévenu a fondu en larmes devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Il a remercié les forces de l’ordre d’avoir délibérément visé à côté. Car les policiers, ce soir-là, ont fait preuve d’un incroyable sang-froid et lui ont sauvé la vie.

Le 17 décembre 2013, sous l’emprise de la cocaïne, ce cuisinier avait multiplié les infractions dans les rues de Nîmes pendant vingt minutes, brûlant feux tricolores et panneaux de signalisation, avant de foncer sur les policiers venus mettre fin à sa folle chevauchée. Il avait violemment percuté l’un d’entre eux, arrêté six mois. Il avait même pointé un fusil vers les fonctionnaires.

Pendaison, assassinat et cancer incurable

Son avocate, Kadidja Aoudia, a mis en avant sa vie semée d’embûches : « On ne peut pas comprendre ce dossier, si on ne connaît pas la personnalité, la vie de mon client », relate Objectif Gard. A 13 ans, il découvre le corps de son père pendu, sa mère est assassinée en France alors qu’il part travailler aux Etats-Unis, et quinze jours avant son passage à l’acte, il apprend que sa sœur est atteinte d’un cancer incurable. « Il a disjoncté, il y a des facteurs déterminants dans son passage à l’acte et lors de cette soirée », évoque l’avocate.

Les juges l’ont condamné à cinq ans de prison, dont deux ans ferme. Le parquet qui avait requis six ans de prison ferme a aussitôt fait appel de cette décision.