Marée noire du «Prestige»: L'Etat espagnol sera indemnisé 1,6 milliard d'euros

TRIBUNAL Le tribunal de La Corogne s’est prononcé sur des indemnisations concernant 272 parties lésées…

20 Minutes avec AFP

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Le naufrage du pétrolier Prestige avait provoqué fin 2002 la pire marée noire de l'histoire espagnole.
Le naufrage du pétrolier Prestige avait provoqué fin 2002 la pire marée noire de l'histoire espagnole. — Christophe Simon AFP/Archives

Le jugement est tombé. Le tribunal de la Corogne (nord-ouest de l’Espagne) a annoncé ce mercredi avoir fixé à près de 1,6 milliard d’euros le montant de l’indemnisation que l’Etat espagnol doit recevoir des responsables de la marée noire entraînée par le naufrage du Prestige en 2002.

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Le jugement fixant le montant des indemnisations prévoit 1.573 millions d’euros pour l’Etat espagnol mais aussi 61 millions pour l’Etat français. Au total, il s’est prononcé sur des indemnisations pour 272 parties lésées - région de Galice, municipalités… y compris en France, dont le montant global n’a pas été divulgué par le tribunal. Une porte-parole a précisé que le jugement détaillant tous ces montants serait diffusé dans les heures à venir.

Le capitaine du navire et son assureur condamnés

Le 19 novembre 2002, le pétrolier libérien à coque simple, battant pavillon des Bahamas, avait sombré dans l’Atlantique, au large de la Galice, six jours après avoir subi une avarie lors d’une tempête. Pendant plusieurs semaines, plus de 63.000 tonnes de fioul avaient pollué le littoral espagnol, portugais et français, sur des milliers de kilomètres.

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Les principaux condamnés sont le capitaine du navire, Apostolos Ioannis Mangouras, aujourd’hui octogénaire, et son assureur, la société d’assurance britannique The London Steamship Owners Mutual Insurance Association. La Cour suprême espagnole avait condamné le capitaine à deux ans de prison, le désignant comme « auteur et responsable d’une atteinte à l’environnement par imprudence avec la circonstance aggravante de dommages catastrophiques ».

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Elle avait cependant souligné qu’il était à l’époque des faits en traitement pour une maladie cardiaque. La Cour avait considéré que la « responsabilité civile directe » revenait à l’assureur, à hauteur d’un milliard de dollars, soit le plafond qui figurait dans le contrat d’assurance.