Aix: Quatre retraités de la Roya ont aidé des migrants, 800 euros d'amende avec sursis requis en appel

FRONTIERE Le jugement est attendu pour le 13 décembre... 

M.Fr. avec AFP

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Quatre habitants de la vallée de la Roya étaient jugés ce mardi pour aide à la circulation de personnes en situation irrégulière.
Quatre habitants de la vallée de la Roya étaient jugés ce mardi pour aide à la circulation de personnes en situation irrégulière. — M .Frénois / ANP / 20 Minutes

Les réquisitions sont conformes à la peine prononcée en première instance à Nice fin juin. Une amende de 800 euros avec sursis a été requise, mercredi devant la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, à l’encontre de quatre retraités. Ils ont transporté des migrants en situation irrégulière près de la frontière italienne.

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« Je les considère comme des braves gens », a entamé l’avocat général Pascal Guinot, à propos de ces quatre militants de l’association de soutien aux migrants, Roya citoyenne. « On ne peut remettre en cause la sincérité de leur engagement », mais « ils ont commis un délit d’aide à la circulation, donc je demande la confirmation de la peine », a-t-il ajouté.

« Devoir humanitaire »

Gérard Bonnet, René Dahon, Daniel Oudin et François Gogois, tous les quatre retraités, avaient pris dans leurs voitures en janvier 2016 six migrants, qui étaient logés auparavant chez le militant Cédric Herrou. « Il faisait froid, les températures étaient négatives, ils n’étaient plus dans de bonnes conditions chez Cédric, il fallait les amener dans un endroit plus chaud, on a juste fait notre devoir humanitaire », explique Gérard Bonnet.

Les retraités avaient retrouvé les migrants qui étaient partis sans prévenir de chez Cédric Herrou sur une route « très dangereuse, surtout en hiver à 1.000 mètres d’altitude », et leur ont proposé de les transporter en voiture sur une partie de leur itinéraire. Ils les ont ensuite accompagnés à pied quand la route devenait trop dangereuse, leur permettant ainsi d’éviter un poste de gendarmerie. Ils ont été interpellés par des gendarmes, qui avaient reçu un appel d’une randonneuse pour signaler les voitures et les migrants.

« La mise en sécurité de personnes en danger »

L’avocate des militants, Me Maeva Binimelis, a de nouveau plaidé la relaxe au nom de l’immunité pénale prévue lorsque l’aide aux migrants ne donne lieu à aucune contrepartie financière. « Ils ont obéi à un objectif supérieur : la mise en sécurité de personnes en danger », a-t-elle insisté. L’avocate a pointé du doigt « les carences de l’Etat » dans la vallée de la Roya, où des mineurs étrangers sont remis aux autorités italiennes sans avoir eu les moyens, au préalable, d’enregistrer leur demande d’asile.

La vallée au-dessus de Menton et Vintimille (Italie) est désormais soumise à des contrôles incessants après que la frontière a été rétablie fin 2015 dans le cadre de l’état d’urgence. A la sortie du tribunal, Gérard Bonnet s’est montré optimiste : « On a eu un tribunal plus attentif que pour les précédents procès en appel de militants de Roya citoyenne, on a pu se faire entendre ». Le jugement a été mis en délibéré au 13 décembre.