Marché de Noël de Paris: Devant le tribunal, Marcel Campion dénonce «le double discours» de la mairie

PARIS La justice a examiné mardi le recours du «roi» des forains Marcel Campion contre la décision du Conseil de Paris de supprimer le marché de Noël des Champs-Elysées...

20 Minutes avec AFP

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Anne Hidalgo et Marcel Campion lors de la nuit d'ouverture de La Foire du Trône, le 25 mars 2015 à Paris.
Anne Hidalgo et Marcel Campion lors de la nuit d'ouverture de La Foire du Trône, le 25 mars 2015 à Paris. — COLLOT HENRI/SIPA

« Mise à mort du monde forain » contre optimisation d’un « site exceptionnel ». Le tribunal administratif de Paris a examiné mardi le recours du « roi » des forains Marcel Campion contre la décision du Conseil de Paris de supprimer le marché de Noël des Champs-Élysées.

Plusieurs dizaines de responsables forains et commerçants du marché de Noël, qui louent chaque année ses chalets, sont venus soutenir Marcel Campion. « On est avec toi Marcel ! », encourage une femme. La salle prévue pour l’audience est trop petite pour abriter tout le monde : il faut déménager dans la plus grande, certains écoutant les débats depuis le haut des escaliers, faute de places assises.

Renouveller le marché de Noël

Dans ce dossier, la Ville de Paris brandit pour sa défense un vote de ses élus, à l’unanimité le 3 juillet, actant la suppression du marché de Noël dès la saison 2017-2018. Dans une lettre signée par la maire Anne Hidalgo le jour-même, la municipalité explique vouloir « varier les modalités d’animations de l’espace public et intégrer (…) les contraintes de sécurité qui s’imposent ».

Pour justifier du non-renouvellement de la convention qui lie Marcel Campion et la ville de Paris, il fallait trouver « un motif d’intérêt général suffisant », comme l’impose un arrêt du Conseil d’État de janvier. Signée en octobre 2015, cette convention autorise le forain à installer ses chalets sur les Champs-Élysées pour une durée de deux ans, renouvelable deux fois.

« Un site exceptionnel »

Il s’agit d’optimiser « un site exceptionnel », a fait valoir mardi Régis Froger, avocat de la Ville de Paris, pour qui « l’intérêt général n’est pas difficile à concevoir ». La mairie souhaite « une plus-value », « restituer l’espace aux piétons » et « retrouver l’esthétique linéaire (de l’avenue) imaginé par André Le Nôtre », a-t-il énuméré. Plus récemment, la municipalité avait mis en avant « la qualité médiocre des animations et des produits vendus » pour justifier sa décision.

Dénonçant « le double discours » de la mairie, les avocats du forain se sont étonnés à l’audience « des félicitations » de la Ville de Paris reçues par leur client après la dernière édition du marché. Par la suite, la mairie a sollicité les forains pour recueillir leurs « observations et commentaires » puis transmis les dossiers de candidatures pour louer les chalets.

La mairie de Paris mise en examen

« Pourquoi Marcel Campion est-il passé du statut de chouchou à celui de paria ? », s’interroge l’un de ses avocats, Jérémie Assous. Suppression de la Foire de la Bastille et des Jours de Fêtes au Grand Palais, réduction de moitié de la Foire du Trône : cette « mise à mort du monde forain » obéit à une stratégie de « diversion », selon l’avocat.

« La ville a voulu se désolidariser totalement de Marcel Campion en espérant se mettre à l’abri d’une mise en examen », a soutenu Jérémie Assous, en référence à l’enquête en cours sur la convention octroyée en 2015 au forain pour installer sa Grande Roue sur la place de la Concorde. Dans ce dossier, la mairie de Paris a été mise en examen vendredi pour favoritisme, à l’instar de Marcel Campion depuis fin mai..

La décision du tribunal a été mise en délibéré, à une date non précisée.