Accident de TGV en Alsace: Où en est l'enquête deux ans après la mort de onze personnes?

TRANSPORTS Alors qu’une cérémonie a lieu ce mardi après-midi sur les lieux de l’accident de TGV, la SNCF est convoquée par la justice en décembre dans le cadre de l’enquête…

B.P.

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La rame TGV d'essai a été accidentée à Eckwersheim, près de Strasbourg au niveau du canal de la Marne au Rhin, le 14 novembre 2015.
La rame TGV d'essai a été accidentée à Eckwersheim, près de Strasbourg au niveau du canal de la Marne au Rhin, le 14 novembre 2015. — FREDERICK FLORIN AFP
  • Une succession d’erreurs a été mise en avant par le rapport final du Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre.
  • Les familles attendent toujours « que les responsabilités soient assumées ».

Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, une rame de TGV d’essai déraillait en Alsace, faisant 11 morts et 42 blessés. Deux ans après ce triste événement, une cérémonie est organisée à Eckwersheim ce mardi après-midi en présence du PDG de la SNCF. 20 Minutes revient justement sur les diverses avancées de l’enquête.

La SNCF est convoquée par la justice. Quelques jours avant cette commémoration, plusieurs de nos confrères ont dévoilé ce vendredi – après l’annonce des conclusions définitives de l’enquête judiciaire aux familles – que la SNCF est convoquée devant la justice le mercredi 20 décembre, en vue d’une possible mise en examen.

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La responsabilité de la SNCF et sa filiale. Dans le complément d’expertise judiciaire attendu et dévoilé aux familles fin octobre, le parquet de Paris a en fait reconnu la responsabilité de la SNCF et sa filiale Systra dans l’accident de cette rame d’essai où se trouvaient 53 personnes, des salariés mais aussi des invités, dont deux sont décédés.

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Une succession d’erreurs mise en avant. Plus tôt encore, le rapport final du Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) a pointé une succession d’erreurs d’appréciation à l’origine du drame. En mai, l’organisme a notamment évoqué un freinage « tardif » et une stratégie de freinage « inadaptée ».

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La vitesse trop élevée déjà pointée. Dans ses toutes premières conclusions dans le cadre de l’enquête technique, le BEA-TT a parlé dès février 2017 d’une vitesse excessive. Le train roulait en fait 265 km/h à l’entrée de la courbe en amont de l’accident (contre les 176 km/h prévus), et à 243 km/h au point de déraillement, 200 mètres plus loin.

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Les familles veulent comprendre. « Nous portons beaucoup d’espoir sur l’avancée de l’enquête juridique qui selon nous sera la seule pertinente. » C’est ce que confiaient le frère et la sœur d’une victime, voilà un an. En 2017, les familles attendent toujours « que les responsabilités soient assumées », d’après l’avocat interrogé sur France Info ce matin.

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