Nice: En octobre, «un nombre incroyable de passeurs» au tribunal

FRONTIERE Un flot de départs de la Tunisie et une campagne de contrôle du travail au noir seraient la cause du passage à la barre de cinq à dix passeurs par jour…

Mathilde Frénois

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Des migrants à la frontière franco-italienne, à Vintimille, le 12 juin 2015.
Des migrants à la frontière franco-italienne, à Vintimille, le 12 juin 2015. — JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET / AFP
  • Les passeurs ont, pour la plupart, été condamnés à des peines allant de dix et dix-huit mois de prison.
  • En novembre, le palais de justice de Nice a retrouvé « les proportions d’avant ».

« Pendant dix jours, on a fait par jour ce qu’on faisait par semaine. » Au mois d’octobre, le procureur de la République de Nice a vu défiler à la barre du palais de justice « un nombre incroyable de passeurs ». Quotidiennement, les juges ont traité entre cinq et dix comparutions immédiates. La grande majorité a été condamnée à des peines allant de dix et dix-huit mois de prison.

Un phénomène qui est à attribuer à « un afflux extraordinaire » de migrants d’origine tunisienne : « Il y a deux mois, on a assisté à un flot de départ de la Tunisie vers la Sardaigne par bateau. On a donc été soumis à cette grosse vague, détaille le procureur Jean-Michel Prêtre. Cela est combiné avec une politique volontariste de l’Italie en matière de lutte contre le travail illégal, qui cible ces populations-là. »

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« Une communauté très réactive »

Forte d’une grande présence à Nice, la communauté tunisienne s’est organisée pour faire venir ses proches. Mais au vu des peines prononcées, elle a réagi et a très vite stoppé cette pratique. « La communauté, très réactive, a tout de suite compris en faisant des calculs de risque, pointe Jean-Michel Prêtre. Ça a coupé le robinet d’un coup. En un week-end, on a eu une chute pour revenir à cinq à dix comparutions habituelles par semaine. On retrouve les proportions d’avant. »

Depuis plus de deux ans, la frontière franco-italienne est concernée par la migration de personnes issues de pays en proie à une guerre civile comme le Soudan et l’Erythrée. Les autorités voient aussi arriver des populations issues d’Afrique de l’ouest francophone et d’Europe de l’est.