AZF: L'ex-directeur de l'usine de Toulouse et Grande-Paroisse reconnus coupables, Total mis hors de cause

JUSTICE La cour d’appel de Paris a condamné ce mardi l'ancien directeur de l'usine AZF à 15 mois de prison avec sursis, ainsi que sa maison mère Grande-Paroisse. L’explosion le 21 septembre 2001 avait fait 31 morts et des milliers de blessés…

Beatrice Colin

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Le 21 septembre 2001, l'usine AZF de Toulouse explosait, causant la mort de 31 personnes et faisant plusieurs milliers de blessés.
Le 21 septembre 2001, l'usine AZF de Toulouse explosait, causant la mort de 31 personnes et faisant plusieurs milliers de blessés. — Bordas/SIPA

Comme en 2012 à Toulouse, la cour d’appel de Paris a jugé ce mardi que l’explosion de l’usine AZF le 21 septembre 2001 était bien due à un accident chimique provoqué par des négligences.

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Seize ans après le drame qui a meurtri la Ville rose, les juges ont condamné Serge Biechlin, l’ancien directeur du site, à quinze mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende pour «homicides et blessures involontaires».

La société Grande-Paroisse, filiale de Total et maison mère de l’usine AZF, a écopé de 225.000 euros d’amendes, la peine maximale. La cour a pointé des négligences dans la gestion des stocks qui a rendu possible le mélange de produits chimiques incompatibles à l'origine de l'explosion. 

Comme en 2012, ils ont ainsi infirmé la relaxe prononcée en première instance, lors du premier procès jugé à Toulouse en 2009.

Fautes lourdes

Comme en 2009 et 2012, le groupe pétrolier a été mis hors de cause contrairement à la volonté de nombreuses victimes qui le tenaient pour responsable, entre autres, des décisions managériales faites en matière de sécurité et de gestions des déchets. La citation contre Total a en effet été jugée irrecevable.

En mai dernier, l’avocat général, Jean-Christophe Crocq avait appelé la cour d’appel à « rétablir le lien rompu entre les prévenus enfermés dans le déni » et « la communauté qu’ils ont brisée ». Pour le représentant du ministère public, l’accident est le résultat de « fautes lourdes » dans la gestion d’une usine à haut risque.

Pourvoi en cassation

Après trois procès-fleuves, une relaxe au bénéfice du doute en 2009, une condamnation en 2012, une cassation en janvier 2015 et cette nouvelle condamnation, le feuilleton judiciaire de la plus grande catastrophe industrielle française survenue depuis la Deuxième Guerre Mondiale pourrait ne pas s’arrêter là.

La défense du directeur de l’usine et de Grande-Paroisse ont d'ores et déjà annoncé qu'ils allaient se pourvoir en cassation indiquant que pour eux il n'y avait toujours «pas de preuves» dans ce dossier.