Aude: Jugée pour avoir décapité le diable de Rennes-le-Château, elle plaide «l’acte prémédité»

JUSTICE Une femme de 37 ans est passée devant le tribunal de Carcassonne pour avoir commis de gros dégâts dans l’église de Rennes-le-Château, le 23 avril…

N.S.

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Le démon Asmodée supportant un bénitier, à l'entrée de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Rennes-le-Château.
Le démon Asmodée supportant un bénitier, à l'entrée de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Rennes-le-Château. — MARY EVANS/SIPA

Son action avait frappé les esprits, le jour du premier tour de l’élection présidentielle. Le 23 avril, une femme de 37 ans, vêtue d’une longue cape blanche et d’un masque vénitien, avait frappé à coups de hache le diable qui supporte le célèbre bénitier de l’église de Rennes-le-Château, dans l’Aude. Elle avait décapité la statue, ainsi que celle de Marie-Madeleine, et déposé un Coran au sol.

Elle se présente comme l’ancienne compagne du djihadiste Sabri Essid

Après un renvoi prononcé le 8 septembre, la trentenaire a comparu vendredi devant le tribunal correctionnel de Carcassonne. Pourquoi a-t-elle agi ainsi ? « Pour montrer la destruction du mal incarnée », assure celle qui se présente comme l’ancienne compagne de Sabri Essid, le djihadiste « demi-frère de Mohamed Merah », le tueur au scooter de Toulouse et Montauban.

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Citée par L’Indépendant, elle assure avoir commis un « acte prémédité et réfléchi dans un but symbolique et pour faire un coup de pub pour un livre sur lequel je travaille depuis 25 ans ». Ce bouquin se veut tout simplement « un travail de corrélation théologique entre les trois livres saints ». Selon un rapport psychiatrique, cette femme souffre d’« une atteinte de la personnalité de type paranoïaque ».

La prévenue confie aussi en avoir assez « de voir les décapitations à l’étranger, faites par les Saoudiens ou des gens comme le père de mon fils ».

Décision le 24 novembre

Le substitut du procureur de la République a requis six mois de prison avec sursis et une obligation de soins. Alors que les dégâts qu’elle a commis ont été évalués à 7.712 euros, la trentenaire a assuré qu’« elle ne paierait même pas un euro symbolique ». La décision a été mise en délibéré au 24 novembre.