Paris: Le rappeur Rohff condamné à 5 ans de prison pour violences dans une boutique son rival Booba

PROCES Le tribunal a dénoncé des faits « d’une particulière gravité ». Le rappeur n’a toutefois pas été écroué…

20 Minutes avec AFP

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Le rappeur français Rohff sur la scène de La Cigale en 2011, PARIS.
Le rappeur français Rohff sur la scène de La Cigale en 2011, PARIS. — LORENVU/SIPA
  • Le rappeur s’en était pris à deux employés d’une boutique de son rival Booba.
  • Il a reconnu avoir « cédé à la colère » mais nié toute préméditation lors du procès.
  • Rohff a dix jours pour faire appel.

Le tribunal a été au-delà des réquisitions du procureur. Le rappeur Rohff a été condamné ce vendredi à cinq ans de prison pour avoir violemment agressé deux vendeurs de la boutique parisienne de son rival Booba. Les faits remontent à avril 2014. Rohff était entré accompagné de plusieurs hommes dans le magasin Ünkut, avait roué de coups un jeune vendeur, assommé un autre et saccagé la boutique.

Pas de mandat de dépôt

Le tribunal a dénoncé des faits « d’une particulière gravité », une « action collective préméditée d’une grande violence, sans autre mobile établi qu’une démonstration de force » dans le cadre d’une « rivalité » entre rappeurs. A l’audience, le 29 septembre, le chanteur de 39 ans avait reconnu avoir « cédé à la colère » - « j’ai vu rouge » - tout en niant la préméditation. Le ministère public avait requis quatre ans d’emprisonnement, en qualifiant les faits de « lynchage ».

Rohff, qui a déjà passé deux mois en prison et plusieurs mois sous bracelet électronique dans cette affaire, n’a toutefois pas été écroué immédiatement à l’issue de l’audience. Il est sorti sans s'exprimer devant la presse. «On a dix jours pour faire appel ou aménager la peine, on va prendre le délai de réflexion», a affirmé son avocate, Me Malika Ibazatene. La conseil est restée floue quant à la possibilité d'aménager la peine du chanteur. 

Le chanteur dans la «minimisation» pour les magistrats

Les explications du rappeur «n'ont eu de cesse de changer», a asséné l'une des juges lors de la lecture du jugement, aussi bien sur le motif de sa présence dans la boutique que sur ses intentions ou l'élément déclencheur des violences. La constance dont a fait preuve l'artiste «dans la minimisation» paraît «peu compatible avec les regrets exprimés», a-t-elle ajouté. Le casier judiciaire du rappeur comporte déjà plusieurs condamnations, dont une pour violences avec arme.