Nice: 5 ans de prison pour l'organisateur d'un trafic de cocaïne alimentant la Corse

PROCES Le tribunal correctionnel est allé plus loin que les réquisitions du parquet, qui avait demandé trois ans ferme à l’encontre d’Anthony Barat, par ailleurs mis en examen pour assassinat…

20 Minutes avec AFP

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Un sachet de cocaïne. Illustration.
Un sachet de cocaïne. Illustration. — Valinco / Sipa

Le tribunal correctionnel de Nice a condamné vendredi Anthony Barat à cinq années d’emprisonnement avec maintien en détention pour avoir organisé un trafic de cocaïne alimentant la région de Balagne, en Corse, allant ainsi plus loin que les réquisitions du parquet qui avait demandé trois ans ferme.

Epilogue d’un procès qui a vu comparaître toute la semaine douze prévenus poursuivis à divers titres pour leur participation à ce trafic qui alimentait les établissements de nuit de la région de Calvi, le jugement a été plus sévère aussi pour les deux lieutenants de Barat, Paul Leonardo et Tony Guichard, condamnés respectivement à quatre et trois ans de prison avec maintien en détention, contre 30 mois et deux ans requis par le procureur.

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Plus clément avec les compagnes

Un quatrième comparse, François Guidoni, présenté comme revendeur sur place des stupéfiants et déjà incarcéré dans une autre affaire, a écopé également de deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt.

Le tribunal s’est montré plus clément en revanche avec les autres prévenus, notamment les compagnes des condamnés, dont certaines étaient jugées pour complicité. Il a prononcé trois relaxes, deux peines de jours-amendes et trois peines de sursis allant de huit à douze mois.

Anthony Barat, 33 ans, par ailleurs mis en examen pour assassinat, a été présenté par l’instruction comme la « tête pensante » de ce réseau, accusé d’avoir poursuivi en prison son activité délictueuse après son incarcération dans cette affaire d’assassinat. Il était l’un des seuls prévenus à avoir reconnu sa participation, et notamment d’avoir ramené d’Amsterdam à deux reprises quelques centaines de grammes de cocaïne, pour son usage personnel, selon lui.

Un trafic révélé par des écoutes

Son conseil Me Emmanuel Molina du barreau de Marseille avait tenté de dégonfler l’affaire lors des plaidoiries, demandant s’il était « bien sérieux » de présenter son client comme « le grand manitou d’un trafic international ». « Dans ce dossier, on n’a pas d’argent, on n’a pas de stupéfiants et on n’a pas d’avoirs criminels », avait pointé l’avocat, dénonçant « un édifice accusatoire fragile » et demandant au tribunal de ne pas aller au-delà d’une peine de deux à trois ans.

Le trafic avait été découvert lors de la mise sur écoute d’Anthony Barat après sa mise en examen pour l’assassinat en Corse, le 7 décembre 2012, de Jérémy Mattioni. Anthony Barat est présenté par les enquêteurs comme un proche de Jean-Christophe Massiani, lui-même abattu sur l’Île-de-Beauté lors d’un guet-apens le 17 août 2014.

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