Affaire Théo: Le jeune homme assure avoir «pardonné» à ses agresseurs

ENQUETE Le jeune homme, victime d'un viol présumé lors d'un contrôle de police, va mieux. Il a confié, lors d'un entretien accordé à LCI, avoir «pardonné» à ses agresseurs... 

Antoine Irrien
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Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. François Hollande s'est rendu au chevet de Théo, blessé lors de son interpellation le 4 février.
Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. François Hollande s'est rendu au chevet de Théo, blessé lors de son interpellation le 4 février. — Arnaud Journois / LE PARISIEN / AFP

Neuf mois après son agression, la vie peine à reprendre son cours. Le 2 février dernier, le viol présumé d’un jeune Aulnaysien, Théo, par une patrouille de police avait provoqué un tollé. Selon son récit, l’un des policiers lui aurait introduit un bâton télescopique dans l’anus, provoquant une fissure de 10 cm. Dans un témoignage qui sera diffusé en intégralité ce jeudi soir sur TF1, le jeune homme de 22 ans est longuement revenu sur sa violente interpellation et sa vie «d’après».

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« Si Dieu pardonne, je pardonne »

Croyant, le jeune Théo assure avoir «pardonné» à ses agresseurs. «Dieu pardonne tout le monde», explique-t-il, avant de nuancer son propos : «Ils m’ont violé, c’est que je suis un humain pas très important pour eux. Donc mon pardon aussi ne comptera pas pour eux.»

Les médecins lui ont assuré qu’il pourrait reprendre une vie normale, mais s’il va mieux, il doit dorénavant vivre avec une poche de stomie. A chaque effort, sa plaie le fait souffrir. Impossible pour ce fan de football de reprendre le sport, par exemple. Il a repris un travail à mi-temps, ce qui ne l’empêche pas d’avoir « ses moments de solitudes », où il ne veut « voir personne ».

Première audition à Bobigny 

Quatre policiers sont mis en examen dans cette affaire. Trois d’entre eux sont accusés de violences volontaires en réunion, l’autre de viol. Pour la première fois depuis l’altercation, ce dernier sera entendu ce jeudi au tribunal de Bobigny. Malgré l’enquête, Théo confie n’avoir que peu d’espoir de voir ses agresseurs présumés être punis. «La police des polices ne va jamais faire un truc contre eux, je pense. C’est comme si moi j’avais une affaire et c’est mon grand-frère qui va s’en occuper…», déplore-t-il.

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