Lille: Une commune condamnée après des intoxications au CO dans son église

JUSTICE La mairie de Phalempin va devoir rembourser les caisses de sécurité sociale après un concert des Petits Chanteurs à la croix de bois qui a mal tourné…

Gilles Durand

— 

L'église de Phalempin.
L'église de Phalempin. — Google Maps

En 2009, un concert desPetits Chanteurs à la croix de bois, dans une église, à Phalempin, dans le Nord, s’était mal terminé. Pas moins de 68 personnes avaient été victimes d’une intoxication au monoxyde de carbone (CO) et avaient dû être transportées d’urgence à l’hôpital.

Remboursement des soins

Huit ans plus tard, la commune a été condamnée à rembourser aux caisses de sécurité sociale les frais engagés pour les soins des victimes, a-t-on appris, ce jeudi, auprès du tribunal administratif (TA) de Lille.

A la suite de cet incident survenu le 26 janvier 2009, plusieurs CPAM avaient réclamé à la ville de Phalempin « une demande amiable en vue d’obtenir le remboursement des frais d’hospitalisation et de soins des victimes », souligne le TA de Lille.

Défaut d’entretien de l’église

Le tribunal a donc estimé que la responsabilité de Phalempin était engagée « pour défaut d’entretien de l’église, ouvrage public qui lui appartient, et plus particulièrement du dispositif de chauffage au gaz ». Les pompiers avaient mesuré un taux « très élevé » de monoxyde de carbone, dû à un chauffage défectueux.

La ville se voit donc obligé de verser près de 58 000 euros aux caisses d’assurance maladie de Lille, du Hainaut et de Seine-Saint-Denis. Une décision critiquée par le maire de Phalempin, Thierry Lazaro : « C’est plus qu’une injustice, c’est une bêtise sans nom ! »

Contrôlée la veille par Dalkia

« Comment voulez-vous, en tant que maire, tout comprendre au chauffage et à la ventilation… Je précise que, la veille du concert, l’église avait été contrôlée par Dalkia, notre prestataire en chauffagerie », explique l’élu, interrogé par l’AFP.

« Les cotisations à la CPAM couvrent l’universalité du risque. Avec cette décision, c’est la double peine ! » lance encore Thierry Lazaro, qui va consulter son assurance pour discuter d’un éventuel appel.