Marseille: Sept ans de prison requis contre une figure du narco-banditisme jugée pour blanchiment

JUSTICE Sabri Chorfia serait parvenu à se constituer un patrimoine immobilier de 2,5 millions d’euros…

A.M. avec AFP

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Le tribunal de Marseille.
Le tribunal de Marseille. — Gerard Julien AFP
  • Sabri Chorfia, condamné pour trafic de drogue, est jugé dans le cadre d’une affaire de blanchiment.
  • Le parquet a requis sept ans de prison à son encontre.
  • D’autres peines, moins importantes, ont été prononcées à l’encontre de membres de sa famille.
  • Le procureur a également demandé la confiscation des biens qui avaient déjà été saisis.

Sept ans de prison ont été requis ce mercredi par le parquet de  Marseille contre Sabri Chorfia, 34 ans, figure du narcobanditisme marseillais, jugé pour le blanchiment d’un million d’euros provenant du trafic de stupéfiants.

Condamné en 2016 à un total de 19 ans de prison pour une importation de cocaïne depuis la République Dominicaine et un trafic de drogue et d’armes dans la cité phocéenne et détenu pour ces faits, ce Marseillais est aux yeux de l’accusation « l’instigateur d’un système de blanchiment bien imaginé, par lui et pour lui ».

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« Une figure du narcobandistisme »

Selon le procureur Guillaume Katawandja, « il a blanchi un million d’euros, s’est constitué un patrimoine immobilier de près de 2,5 millions d’euros qui lui rapportait chaque mois 13.000 euros de loyers ». L’accusation a fait crédit à Sabri Chorfia d'« une intelligence importante car, avec ce process industrialisé qui a fonctionné de manière efficace, il s’est acheté une apparence d’honorabilité ».

Guillaume Katawandja a souligné l’ascension rapide de ce jeune homme, « une figure du narcobandistisme qui, à 30 ans, est déjà en cheville avec des trafiquants dominicains et a fait le lien entre le néobanditisme de cité et le banditisme traditionnel corso-marseillais ».

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Sa famille impliquée

En outre, des peines allant de deux ans de prison (dont un an avec sursis) à deux ans ferme ont été réclamées contre deux oncles et un cousin de Sabri Chorfia, qualifiés de prête-noms dans l’acquisition d’un bar et porteurs de parts dans les quatre SCI familiales dont le patrimoine immobilier a été estimé à 2,3 millions d’euros.

Une peine de quatre ans d’emprisonnement dont deux ans avec sursis a été réclamée contre Nawel Lassami, compagne de Sabri Chorfia, et une condamnation de trois ans dont un an avec sursis contre sa mère, Djanette Boutobba. Les deux femmes géraient les SCI. Une interdiction temporaire ou définitive de gérer ou d’exercer une activité dans l’immobilier a été requise contre l’ensemble des prévenus.

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Confiscation de biens

Le procureur a réclamé deux ans de prison contre Richard Jumelet, notaire destitué qui aurait permis le blanchiment de 350.000 euros. « Il a utilisé ses qualités d’officier ministériel pour authentifier des actes douteux et passer des actes de vente avec des fonds provenant du trafic de stupéfiants », a lancé Guillaume Katawandja.

Le procureur a demandé la confiscation des biens qui avaient été saisis, soient un bar, trois immeubles, trois maisons individuelles, dix appartements et la totalité des loyers versés par les locataires des SCI en cause. Les plaidoiries de la défense devraient se poursuivre jeudi.