Affaire Grégory: Marcel et Jacqueline Jacob veulent rentrer chez eux

JUSTICE Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante du petit Grégory, réclament un assouplissement de leur contrôle judiciaire…

Vincent Vantighem (avec AFP)

— 

La maison de Marcel et Jacqueline Jacob.
La maison de Marcel et Jacqueline Jacob. — Patrick HERTZOG / AFP
  • Le petit Grégory a été retrouvé mort en 1984.
  • Son grand-oncle et sa grand-tante ont été mis en examen en juin.
  • Ils réclament cette semaine un assouplissement de leur contrôle judiciaire.

Leur petite maison violette d’Aumontzey (Vosges) leur manque. Marcel et Jacqueline Jacob vont réclamer cette semaine à la justice un assouplissement de leur contrôle judiciaire ordonné dans le cadre de l’enquête sur la mort du petit Grégory. Mis en examen pour l’enlèvement et la séquestration suivis de la mort, en 1984, du petit garçon de 4 ans, les Jacob avaient été brièvement incarcérés, en juin, avant d’être libérés à la stricte condition qu’ils acceptent de résider dans des lieux séparés et en dehors de leurs Vosges natales.

>> Les faits: Les Jacob libérés, que va-t-il se passer désormais ?

« Cette interdiction de relation entre époux est une aberration, dénonce Stéphane Giuranna, l’avocat qui plaidera la cause de Marcel Jacob, ce mercredi à Dijon (Côte d’Or) où l’enquête est instruite. S’ils avaient dû accorder leurs violons, ils avaient 33 ans pour le faire. »

Grand-oncle et grand-tante de Grégory, les Jacob n’ont jamais été inquiétés par le passé. Mais, après avoir repassé les 12.000 pièces du dossier au crible, les enquêteurs ont acquis la conviction qu’ils sont « les corbeaux » de l’affaire mais aussi certains des membres de « l’équipe » impliquée dans le rapt et le décès du garçonnet, ce ce que le couple conteste vigoureusement.

Leurs avocats entendent présenter leurs alibis datant de 1984

Deux audiences distinctes sont prévues devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon. Ce mercredi matin pour Marcel Jacob et vendredi pour Jacqueline, son épouse. A chaque fois, leurs avocats comptent produire des alibis qu’ils jugent « imparables » pour leur permettre de rentrer chez eux. Début octobre, Stéphane Giuranna avait annoncé avoir retrouvé un « tableau » réalisé par les enquêteurs en 1984, indiquant que la présence des Jacob à leur travail à l’heure du crime avait été « vérifiée auprès de l’employeur ».

>> Affaire Grégory: La défense des Jacob assure avoir « retrouvé » un alibi

« Ces alibis me paraissent pour le moins discutables, réagit Thierry Moser, l’avocat des parents du petit Grégory, parties civiles dans la procédure. Pour moi, dire ça aujourd’hui c’est comme de dire que la lune est carrée ! »

De son côté, le procureur général, Jean-Jacques Bosc, devrait requérir le rejet des demandes d’assouplissement du contrôle judiciaire, en arguant notamment que les époux Jacob sont convoqués en novembre pour être réinterrogés sur le fond de l’affaire par la magistrate Claire Barbier.

Cette fois, Jacqueline Jacob va parler

Lors de sa garde à vue en juin, Marcel Jacob avait plaidé son innocence en répondant de façon liminaire aux enquêteurs. Son épouse, Jacqueline, avait, elle, fait usage de son droit au silence à chacune des 299 questions qui lui avaient été soumises à ce moment-là.

>> Affaire Grégory: Selon son avocat, Marcel Jacob est « au bord du gouffre »

« On peut tout de même se demander pourquoi elle n’a pas répondu si elle n’a vraiment rien à se reprocher », persifle encore Thierry Moser. Selon Alexandre Bouthier, son avocat, Jacqueline Jacob compte cette fois-ci s’exprimer sur le fond de l’affaire lors de cette audition prévue le 17 novembre.