Nice: Douze prévenus comparaissent dans un trafic de cocaïne alimentant la Corse

PROCES Depuis la prison, l'un des suspects aurait continué à diriger le trafic de stupéfiants... 

M.F. avec AFP

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Le palais de justice de Nice ce mercredi après-midi.
Le palais de justice de Nice ce mercredi après-midi. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Ils alimentaient les établissements de nuit et débits de boissons de la région de Balagne en Corse. Douze personnes suspectées d’être impliquées dans un trafic international de cocaïne comparaissent, depuis lundi, devant le tribunal correctionnel de Nice où l’affaire a été dépaysée.

Le chef présumé du réseau, Anthony Barat, 33 ans, qui a grandi près de Calvi et a déjà été condamné à cinq ans d’emprisonnement en 2009 pour un braquage commis à Paris, est accusé d’avoir effectué plusieurs voyages aux Pays-Bas en 2014 pour se fournir en stupéfiants. Ils étaient ensuite écoulés sur l’Ile-de-Beauté par ses deux lieutenants, Paul Leonardo et Tony Guichard. Les trois sont en détention provisoire, de même qu’un quatrième prévenu, François Guidoni. Les huit autres dont quatre femmes, sont placés sous contrôle judiciaire et comparaissent libres.

Le trafic perdurait en prison

Depuis la prison, Anthony Barat aurait continué à diriger le trafic de stupéfiants, ses lieutenants, selon les enquêteurs, ayant poursuivi cette activité mais en s’approvisionnant cette fois dans les Bouches-du-Rhône.

Tous nient leur implication dans ce dossier, à l’exception d’Anthony Barat qui a reconnu avoir à deux occasions ramené 250 g puis 160 g de cocaïne depuis Amsterdam, dans le premier cas pour dépanner un ami et dans le second pour sa consommation, et de François Guidoni qui admet la revente de stupéfiants.

Des écoutes téléphoniques

Devant le tribunal, Anthony Barat, crâne rasé, veste chic et verbe facile, se décrit comme un « entrepreneur en débroussaillage et élagage », ayant toujours travaillé « au black », raison pour laquelle n’apparaît plus aucun mouvement sur ses comptes bancaires depuis 2010.

Mis devant l’évidence de nombreuses écoutes téléphoniques accablantes et de témoignages à charge, Anthony Barat, auteur de violences volontaires en prison sur François Guidoni qui l’avait mis en cause avant de se rétracter, dit ne pas être « au courant ». Le témoignage de son beau-frère, à qui il aurait confié être à la tête d’un réseau de trafic de drogue, s’expliquerait par « les problèmes psychologiques » et la « mythomanie » de ce dernier, selon lui.

Un guet-apens

Le trafic avait été mis au jour à l’occasion d’écoutes dans le cadre du dossier sur l’assassinat le 7 décembre 2012 en Corse de Jérémy Mattioni, dans lequel Barat a été mis en examen. Il est présenté comme un proche de Jean-Christophe Massiani, abattu en Balagne le 17 août 2014 au cours d’un guet-apens à la suite duquel Barat avait été amené à se mettre au vert chez sa sœur et son beau-frère en Haute-Savoie.

Lors de son interpellation, de nombreuses armes ont été trouvées à son domicile, dont plusieurs avec des balles déjà chambrées, ainsi qu’une cagoule et des talkies-walkies. Le procès est prévu jusqu’à vendredi. Les principaux prévenus encourent jusqu’à dix ans d’emprisonnement.