Reims: Jusqu'à 20 ans de prison pour les bourreaux d'un marginal, torturé et violé

PROCES Christopher C. avait été torturé en décembre 2014 par six personnes, dont quatre membres de sa famille...

Guillaume Novello
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Les six accusés ont écopé de peines moins lourdes que celles requises (illustration).
Les six accusés ont écopé de peines moins lourdes que celles requises (illustration). — JACQUES DEMARTHON / AFP

La cour d’assises de la Marne a condamné, dans la nuit de vendredi à samedi, les bourreaux d’un jeune marginal à des peines allant jusqu’à 20 ans de réclusion. Le verdict a été prononcé après cinq jours de procès et plus de dix heures de délibération pour déterminer le degré de culpabilité de chacun des six accusés, dont quatre font partie de la famille de la victime âgée de 20 ans à l’époque de faits.

Ainsi sa cousine et son cousin ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle pour « arrestation », « enlèvement », « séquestration » et « torture ». Le meneur du groupe a écopé de 18 ans de réclusion. Des peines de 3 et 2 ans ont été prononcées à l’égard d’un autre de ses cousins et de sa tante, tandis que le locataire de l’appartement où se sont déroulés les sévices a été condamné à 6 mois de prison ferme.

Noël noir

Ces peines sont légèrement plus clémentes que celles requises par l’avocat général, jugeant cette affaire « digne des meilleurs scénarios de séries policières » et notant « les parcours de vie chaotiques » des trois accusés principaux, lors de son réquisitoire jeudi.

En 2014, Christopher C., marginal ayant grandi de foyer en foyer, avait retrouvé des membres de sa famille avec lesquels il avait squatté un appartement près de la gare de Reims, du 22 au 30 décembre. Trois jours après le début des retrouvailles, le groupe comprenant les six accusés et une mineure de 14 ans déjà condamnée dans cette affaire, l’avait séquestré. S’en étaient suivis cinq jours de sévices infligés au jeune homme.

« Attaché à un radiateur »

Hormis le déferlement de coups, il avait été « attaché à un radiateur » avec une laisse, « lacéré avec un couteau », « brûlé » avec des cigarettes et du « liquide inflammable », affamé et violé avec divers objets. « Aucune personne de l’équipe n’a pu le reconnaître tellement il était défiguré », témoigne l’éducateur sportif du foyer où la victime est retournée après avoir échappé à ses bourreaux qui projetaient de la laisser croupir dans une cave.

« Quand il me mettait des coups de poing, c’étaient pas des petits », bégaye Christopher C., grand blond frêle, en racontant son calvaire entamé par le meneur de la bande suite à une prétendue rivalité. Le projet, de l’aveu-même des accusés, était de laisser croupir le souffre-douleur dans une cave, mais celui-ci avait finalement réussi à échapper à ses tortionnaires.