Le procès du beau-frère de Merah, de retour de Syrie, s'ouvre dans le même Palais de justice

DJIHADISME Le mari de la sœur de Mohamed et Abdelkader Merah est jugé lui aussi au Palais de justice de Paris, avec cinq autres djihadistes présumés originaires de Toulouse et Albi…

H.M. avec AFP
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Illustration: La balance de la justice.
Illustration: La balance de la justice. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Un hasard du calendrier judiciaire qui en dit quand même long sur le terreau fertile au djihadisme qu’est la famille Merah. Il n’y a pas un mais deux procès liés aux Merah en cours depuis ce lundi au Palais de justice de Paris.

Celui d’Abdelkader Merah, jugé pour complicité avec son frère, Mohamed, dans les effroyables tueries de Toulouse et Montauban, entre dans sa troisième semaine. Et, devant le tribunal correctionnel, celui de Abdelouahed El-Baghdadi, qui n’est autre que le mari de Souad Merah, la sœur du tueur au scooter, s’ouvre.

Le Toulousain est jugé pour « association de malfaiteurs terroriste », aux côtés de cinq autres « revenants », tous issus des mouvances islamistes radicales de la Ville rose et d’Albi (dans le Tarn). La justice leur reproche d’être partis en Syrie début 2014 pour rejoindre les rangs de Daesh.

Retour rocambolesque

Abdelouahed El-Baghdadi et deux autres prévenus - Gaël Maurize et Imad Djebali - sont rentrés en France dans des conditions proprement rocambolesques. Ils ont été arrêtés par les forces turques le 25 août 2017 à leur passage de la frontière syrienne, alors qu’ils tentaient, d’après eux, de fuir l’Etat islamique. Ils devaient être livrés à la France le 23 septembre sur le tarmac d’Orly. Mais les policiers qui les attendaient ne les ont jamais vus arriver. Et pour cause, le pilote de l’avion en provenance d’Istanbul les avait débarqués, faute de papiers en règle.

Les trois « déserteurs » ont finalement atterri à Marseille, dans l’anonymat, avant d’aller se livrer dans la petite gendarmerie du Caylar, aux portes du Larzac. Ils sont depuis en détention provisoire. Imad Djebali avait déjà été condamné en 2009, dans le cadre de la filière djihadiste d’Artigat, en Ariège.

Souad Merah, absente des deux procès « familiaux », avait quant à elle défrayé la chronique quand elle avait été enregistrée à son insu alors qu’elle se disait fière des actes de Mohamed Merah. Début 2014, elle avait déjoué la surveillance des policiers en partant pour la Syrie avec Abdelouahed El-Baghdadi et ses quatre enfants. Ils avaient rejoint Barcelone en voiture depuis Toulouse avant de s’envoler vers la Turquie. Aux dernières nouvelles, Souad Merah vivrait en Algérie auprès de son père.