Grasse: Trois ans de prison requis en appel contre l'ex-sous-préfète jugée pour corruption

PROCES Les réquisitions sont identiques à la peine prononcée en première instance à Nice, fin 2016, la décision a été mise en délibéré au 22 novembre…

F.B. avec AFP

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Dominique-Claire Mallemanche, fin 2016 à Nice, avec ses avocats
Dominique-Claire Mallemanche, fin 2016 à Nice, avec ses avocats — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Selon le ministère public, « sa courte expérience dans la préfectorale n’a pas été profitable à l’intérêt général qu’elle était censée servir ». Trois ans de prison ont été requis mercredi contre Dominique-Claire Mallemanche, l’ancienne sous-préfète de Grasse (Alpes-Maritimes), jugée par la cour d’appel d’Aix-en-Provence pour corruption passive.

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Pierre-Jean Gaury a également réclamé contre Dominique-Claire Mallemanche, 60 ans, une amende de 20.000 euros et l’interdiction définitive d’exercer tout emploi public, expliquant qu'« elle n’a plus sa place dans une quelconque administration ». Des réquisitions identiques à la peine prononcée en première instance à Nice, fin 2016.

Elle aurait avantagé le propriétaire d’un hôtel de luxe

Enarque, ancienne déléguée au projet Eurodisney, Dominique-Claire Mallemanche avait réintégré l’administration en 2009 après une longue période dans le privé. Elle avait été nommée sous-préfète de Grasse en mars 2011 puis préfète de la Creuse en janvier 2013. Nommée "hors cadre" en aout de cette année-là, elle avait été mise en examen en octobre.

Elle est soupçonnée d’avoir avantagé le propriétaire d’un hôtel de luxe via un arrêté préfectoral, qui facilitait indirectement ses opérations de construction. Son mari, Jean-Jacques Mallemanche, s’était vu promettre dans le même temps une commission de 200.000 euros en tant qu’intermédiaire dans la vente de l’hôtel.

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Le propriétaire de l’hôtel, Marcel-Paul Gélabert, condamné en première instance à deux ans de prison et 100.000 euros d’amende, est décédé depuis. Un an de prison et une amende de 20.000 euros ont été requis contre l’ex-mari de la sous-préfète.

Des cadeaux perçus de la part d’entrepreneurs

La cour a également examiné la perception d’avantages et de cadeaux par la sous-préfète. Parmi ceux-ci, des soirées pour son fils dans des boîtes de nuit de Cannes payées par un entrepreneur, Joseph Garelli. Celui-ci comptait parmi les contributeurs d’un cadeau d’anniversaire de la sous-préfète : un violon de 7.900 euros.

« C’est mon défaut d’être généreux. Je n’attendais rien d’elle », s’est expliqué le chef d’entreprise contre lequel a été requis un an de prison et 30.000 euros d’amende. Les écoutes téléphoniques montrent cependant que la sous-préfète avait été sollicitée pour la délivrance de permis de conduire et d’informations sur les dossiers en cours. La décision a été mise en délibéré au 22 novembre.