VIDEO. Affaire Fiona: «Je lui avais dit de se méfier» de Bourgeon, assure le frère de Makhlouf

PROCÈS Ali, le frère de Berkane Makhlouf, est venu, mardi matin, à la barre de la cour d’assises de la Haute-Loire prendre sa défense au procès de la mort de la petite Fiona…

Vincent Vantighem

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Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf sont jugés, en appel au Puy-en-Velay, pour les violences ayant entraîné la mort de Fiona, 5 ans.
Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf sont jugés, en appel au Puy-en-Velay, pour les violences ayant entraîné la mort de Fiona, 5 ans. — Thierry Zoccolan / AFP
  • Le procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf s’est ouvert.
  • Ils nient tous les deux avoir porté des coups ayant entraîné la mort de Fiona.
  • Le procès doit se tenir jusqu’au 20 octobre où le verdict sera rendu.

Au Puy-en-Velay (Haute-Loire),

Il est parfois misogyne. Il s’embrouille dans les dates. Et bafouille dans le micro. Mais Ali est un « frère en or » pour Berkane Makhlouf. Comme il l’avait fait lors du procès en première instance, cet homme est donc venu, ce mardi matin, prendre la défense de son petit frère qui comparaît, en appel au Puy-en-Velay, pour violences volontaires ayant entraîné la mort de Fiona, 5 ans, sans intention de la donner.

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Les faits sont toujours les mêmes. Mais la différence avec le premier procès qui s’est tenu à Riom, en novembre 2016, tient, sans doute, pour Ali, à la peine dont a écopé son « frérot ». Vingt ans de réclusion criminelle quand Cécile Bourgeon, son ex-compagne avec qui il partage le box des accusés, a été condamnée à cinq ans de prison pour des délits.

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Après avoir fait passer à la cour d’assises des photos de Berkane étant petit, Ali s’en est donc pris frontalement à Cécile Bourgeon. « Tous les problèmes de Berkane viennent de l’héroïne et d’elle, lâche-t-il en la pointant du menton. Je lui avais dit de se méfier… »

« Elle se faisait payer en kebabs et en pack de Heineken »

Relancé par le président Etienne Fradin, Ali livre alors le fond de sa pensée sur la mère de la petite Fiona. « Elle traînait à la gare. Elle travaillait dans un bar turc. Tout le monde couchait avec elle. Elle se faisait payer en kebabs ! » Dans le prétoire, tout le monde s’arrête. Juste le temps de vérifier que la phrase prononcée est bien celle-là. Tout le monde sauf Cécile Bourgeon qui sort de sa torpeur et lève alors la main pour réclamer ostensiblement la parole comme à l’école primaire.

Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012.
Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012. - Thierry Zoccolan / AFP

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« Déjà, Ali voulait coucher avec moi. Et j’ai dit non !, rétorque-t-elle. Ensuite, cocaïne, héroïne, MDMA… On a fait plein de soirées avec lui aussi. » Remuant à la barre, Ali réitère pourtant ses propos devant une cour d’assises incrédule. « Non, mais elle, c’est une mythomane. Cette fille, elle se faisait payer en kebabs et en pack de Heineken. »

« Je me disais qu’il ferait un super papa… »

On en oublierait presque que tous ces protagonistes sont réunis pour éclairer les circonstances de la mort de Fiona, 5 ans. Mais sur ce point aussi, Ali défend son frère. « Pour moi, la petite a dû avaler un cacheton ou un truc d’héroïne qui traînait et elle est morte. » D’autant plus que, selon lui, Berkane Makhlouf a toujours été « impeccable » avec les enfants.

Venant d’un frère, ces propos sont forcément sujets à caution. Mais ils rejoignent ceux prononcés par Stéphanie Olivier, l’une des ex-compagnes de Berkane Makhlouf, appelée à témoigner, un peu plus tôt par visioconférence. Décrivant comment l’accusé l’avait séquestrée, frappée et même ramenée chez elle en la tirant par les cheveux, elle a toutefois précisé qu’il était toujours « adorable » avec les enfants. « Je me disais qu’il ferait un papa super… », lâche-t-elle en sanglots.

Évidemment, ce n’est pas l’image que renvoie aujourd’hui Berkane Makhlouf à la lumière des faits pour lesquels il comparaît. Du bout des lèvres, il reconnaît simplement avoir pu être violent verbalement. « J’étais jaloux. C’est vrai que j’ai ‘paranoïé’. Mais je n’ai jamais été violent physiquement. Je n’ai pas tué Fiona. » Le procès doit se poursuivre jusqu’au 20 octobre.

Suivez en direct le procès sur le compte Twitter de notre journaliste : @vvantighem