Marseille: Un marginal jugé pour la troisième fois pour le meurtre d'une bijoutière

JUSTICE Sébastien Peduzzi sera jugé une troisième fois à cause d’une décision de la Cour européenne des droits de l’homme…

A.M. avec AFP

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Illustration d'une cour d'assises.
Illustration d'une cour d'assises. — L. Venance/ AFP
  • Sébastien Peduzzi est jugé pour le meurtre de Janie Cassely, une bijoutière abattue d’une balle dans le front en 2001.
  • L’homme a été acquitté en 2005, puis condamné à 20 ans de réclusion criminelle en 2010.
  • La Cour européenne des droits de l’homme a considéré que l’accusé n’avait pas bénéficié d’un procès équitable, la cour d’assises ne motivant pas son verdict.

Un marginal est jugé à partir de mercredi par la cour d’assises du Var à Draguignan, pour le meurtre d’une bijoutière marseillaise le 23 novembre 2001. Sébastien Peduzzi, jeune toxicomane et SDF atteint de troubles psychiatriques aigus, comparait pour la troisième fois pour le meurtre de Janie Cassely, tuée d’une balle dans en plein front. Un cas rare dû à une décision de la Cour Européenne des droits de l’homme (CEDH).

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Acquitté puis condamné

Il avait été acquitté en octobre 2005 par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône. Le parquet général d’Aix-en-Provence ayant fait appel de cet acquittement, Sébastien Peduzzi avait finalement été condamné à vingt ans de réclusion criminelle le 23 octobre 2010 par la cour d’assises d’appels des Alpes-Maritimes. Une audience qui avait été renvoyée à trois reprises. Des expertises psychiatriques concluant régulièrement à un état de santé mentale incompatible avec la comparution de Sébastien Peduzzi devant les jurés.

Ses avocats de l’époque, Jérôme Rambaldi et Jean Marc Montanaro avaient saisi la CEDH. A l’époque du procès en appel en 2010, les verdicts de cours d’assises n’étaient pas motivés. La CEDH a donc estimé que l’accusé n’avait pas bénéficié d’un procès équitable. Comme c’est le cas lorsqu’elle relève une violation de la Convention européenne des droits de l’Homme, la Cour de révision et d’examen avait, le 16 juin 2016, ordonné ce troisième procès, organisé devant la cour d’assises du Var.

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Verdict vendredi soir

Isabelle Colombani, l’avocate de Sebastien Peduzzi aujourd’hui âgé de 36 ans, espère l’acquittement de son client : « Depuis dix-sept ans il clame son innocence, il n’a jamais reconnu les faits. L’accusation ne se fonde que sur deux témoignages à charge. » Surtout, elle considère que son client ne peut pas être reconnu responsable pénalement. « Tout au long de l’instruction de cette affaire tous les experts ont diagnostiqué qu’il est schizophrène », explique l’avocate.

Christophe Bass, l’avocat de la famille de la victime, considère ce procès comme « une blessure béante qui se rouvre alors qu’ils pensaient en avoir fini. » Selon lui, la famille a eu des réponses sur la culpabilité de Sebastien Peduzzi lors du procès de 2010. « Ce n’est pas une révision à cause d’éléments qui viendraient mettre cet homme hors de cause, c’est un problème de droit », explique-t-il. La famille espère la même condamnation qu’en 2010. Le verdict est attendu vendredi soir.