Elections générales au Brésil: des chanteuses de funk se lancent dans la campagne

INSOLITE Sensuelles et pulpeuses, elles ont tout pour remporter un maximum de voix...

C.C. avec AFP

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P.WHITAKER / REUTERS

Pour remporter des voix dans les favelas de Rio, où vit près de 20% de la population, les partis candidats aux élections générales d’octobre au Brésil n'ont pas hésité à recruter de célèbres chanteuses de funk, un rythme musical à base électronique très en vogue dans les quartiers pauvres.

Sensuelles, pulpeuses et fort appréciées du grand public, ces candidates d’un genre très particulier briguent un poste de député régional ou fédéral lors d’un scrutin au cours duquel les 135 millions d'électeurs brésiliens devront aussi élire le successeur du président Lula, les gouverneurs d'Etat ou les sénateurs.

Tati «Casse la baraque» versus la «Mère blonde du funk»

Débutante en politique, Tati «Quebra-Barraco» (Tati «Casse la baraque», 30 ans), est l'une des chanteuses de funk les plus connues de Rio. Née dans la Cité de Dieu, une favela de l'ouest de Rio, elle est devenue célèbre à cause de son tempérament explosif et ses chansons à fort contenu sexuel. «Elle est très intelligente et a un tempérament fort. Elle va attirer des votes», se félicite Daniel Tourinho, président du Parti travailliste chrétien, pour lequel elle est en campagne.


Elle aura notamment pour adversaire Veronica Costa, 36 ans, connue comme la «Mère blonde du funk». Déjà élue au Conseil municipal de 2000 à 2008, celle-ci brigue un poste de député dans l'Etat de Rio en promettant la création de centre de désintoxication pour les drogués.


Un «niveau énorme de déception envers les hommes politiques traditionnels»

Sao Paulo a aussi sa candidate funk, la sensuelle Aline Mendes Silva, 23 ans, qui est devenue célèbre en dansant à moitié nue. Surnommée la «Femme Poire» en raison de ses courbes, elle dit être «une personne responsable et ayant la foi» sur son site Internet et affirme être une représentante «des jeunes».

Pour Alessandra Aldé, spécialiste en «médias et politiques» à l'Université de Rio, ce phénomène est courant dans les «démocraties des médias», comme le Brésil. «Ces personnes apparaissent beaucoup dans les médias, elles ont une visibilité énorme, ce qui fait que les électeurs considèrent que leur vote est bien représenté», explique Aldé, pour qui cette tendance reflète aussi «le niveau énorme de déception envers les hommes politiques traditionnels».