Un tunnel de plusieurs mètres découvert sous une banque alsacienne

INSOLITE Ils n'avaient pas réussi à atteindre la salle des coffres...

Avec agence

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Carte de localisation de Molsheim (Bas-Rhin) où un tunnel a été découvert sous une banque, jeudi 3 juin 2010.
Carte de localisation de Molsheim (Bas-Rhin) où un tunnel a été découvert sous une banque, jeudi 3 juin 2010. — IDE

Ont-ils manqué de main-d’oeuvre ou se sont-ils simplement aperçus que le coup n’était pas jouable? Des inconnus ont creusé un tunnel de dix mètres de long sous une agence bancaire de Molsheim (Bas-Rhin), avant d'abandonner leur chantier sans avoir atteint la salle des coffres, a annoncé vendredi le substitut du parquet de Saverne (Bas-Rhin), en charge de l'affaire.

 

«C'est un dispositif de forçats, un chantier qui remonte à plusieurs semaines et qui n'a pas pu être fait en une seule nuit», a indiqué Jean-François Assal, interrogé par l’AFP. Le tunnel a été découvert jeudi matin par un employé municipal, intrigué par quelques pavés qui s'étaient effondrés devant une porte dans la rue longeant l'établissement. La banque est située dans une vieille maison traditionnelle alsacienne, en plein centre de Molsheim, une petite ville de 9.000 habitants environ.

 

«Ça n’a servi strictement à rien»

 

Le ou les malfaiteurs se sont introduits dans un vide sanitaire, une sorte de cave très basse de plafond située sous la banque, par le biais d'un vasistas donnant sur cette même ruelle latérale. Ils ont ensuite creusé un tunnel de dix mètres de long, représentant 15 mètres cubes de gravats, qu'ils ont entreposés dans le vide sanitaire.

 

«Tout ce travail n'a servi strictement à rien, d'autant que, lorsqu'on arrive près du but, on ne peut pour autant accéder à coups de pioches à la salle des coffres, qui est très protégée», a souligné le magistrat.

 

«Pas l’air de savoir où ils étaient»

 

Des voisins ont indiqué aux enquêteurs que ces dernières semaines ils avaient entendu des «coups de pelle ou de pique», pendant la nuit, mais qu'ils les avaient assimilés à des travaux de jour, bien légaux ceux-là, qui avaient lieu par ailleurs dans la rue.

 

Le ou les auteurs des faits «ne sont pas allés au plus simple, ils n'ont pas creusé en ligne droite. Ils n'avaient pas l'air de savoir exactement où ils étaient», a observé le substitut. L'enquête a été confiée à la gendarmerie.